Dans un contexte de crise au Moyen-Orient, un document gouvernemental révélé par Franceinfo décrit une augmentation notable des marges brutes des distributeurs de carburants. En effet, alors qu'elles étaient de 30 centimes d'euro par litre en début d'année, certaines stations-service affichent désormais des marges dépassant les 50 centimes pour le gazole et environ 40 centimes pour l'essence.
Alors que certains membres du gouvernement, dont le ministre du Commerce et des PME, Serge Papin, ont affirmé qu'aucun bénéfice indu n'était réalisé sur ces marges, la fuite de ce document a semé le trouble. L'augmentation des prix à la pompe, consécutive à la flambée des cours du pétrole, soulève des interrogations quant à l'éventuelle exploitation de cette crise par les distributeurs tels que TotalEnergies, Eni ou Carrefour.
Bercy, sur la défensive, a démenti les chiffres du rapport et a indiqué qu'une analyse détaillée des marges en cours était en cours. Une source au ministère a déclaré que la situation est jugée toujours sous contrôle, malgré des marges initialement élevées en début de conflit. Toutefois, la vigilance reste de mise pour garantir un retour aux prix des carburants avant la crise. «Nous continuons à nous entretenir régulièrement avec les distributeurs pour mieux comprendre leurs marges et s’assurer qu’elles restent à un niveau raisonnable», a précisé un représentant de Bercy.
Dominique Schelcher, président de Coopérative U, a réagi sur le réseau social X, en précisant que les marges évoquées dans le document gouvernemental ne concernent que les marges brutes. «Ces marges servent à couvrir l'ensemble des frais, y compris ceux de transport, qui ont crû. Elles ne reflètent pas les marges nettes qui, chez nous, restent inchangées». Il a par ailleurs souligné que la distribution de carburants représentait une activité non rentable pour son entreprise.
En parallèle, TotalEnergies a également réagi en affirmant être le premier à avoir instauré un plafond sur ses tarifs, insistant sur le fait que la performance de l'entreprise permet de limiter les hausses de prix à la pompe. «C'est notre solidité financière qui nous permet de maintenir ces prix accessibles pour les Français», a déclaré un représentant de l'entreprise.
Cette révélation intervient dans un climat déjà tendu, avec des déclarations du ministre Sébastien Lecornu exprimant son agacement face à l'attitude des distributeurs. Un projet de décret visant à encadrer leurs marges a été accueilli avec scepticisme, certains distributeurs ayant préféré dévier la discussion vers d'autres sujets, comme les certificats d'économie d'énergie. «Les CEE n'ont rien à voir avec les marges», a-t-il souligné lors d'une conférence. Les acteurs de la distribution et le gouvernement devront donc continuer leur dialogue pour clarifier cette situation délicate.







