Selon les chiffres de la municipalité de Cannes, la prochaine édition de l’événement phare du cinéma, prévue pour 2025, devrait engendrer 217 millions d’euros de retombées économiques directes. « Cannes est prêt à accueillir le monde du cinéma » : à l’approche de la 79e édition du célèbre festival, qui se déroule du 12 au 23 mai, l’office du tourisme local a mis en place les derniers préparatifs. Le rideau se lève bientôt sur douze jours qui transformeront Cannes en la capitale mondiale du septième art.
Au-delà de son impact culturel, le festival représente un enjeu économique crucial pour la région. Les derniers chiffres révélés par la mairie annoncent environ 200 millions d’euros de retombées pour les éditions précédentes de 2023 et 2024. Le Palais des festivals, qui accueille divers événements tout au long de l’année, génère même près d’un milliard d’euros de retombées économiques annuelles pour Cannes.
Ce modèle économique repose sur un financement hybride : environ 50 % du budget provient de fonds publics, incluant le Ministère de la culture, le CNC, la ville et la région Sud. L’autre moitié est financée par des partenaires privés et institutionnels. Pour 2026, la municipalité prévoit une subvention directe de 1,9 million d’euros pour l’A.F.I.F., l’Association française pour l’industrie du film.
Durant près de deux semaines, l’essor du festival se fait également sentir dans les rues de Cannes. Avec une population qui passe de 74.820 habitants à plus de 200.000, les hôtels affichent complet. Au cours de l’édition précédente, plus de 80.000 nuitées avaient été réservées, poussant certains visiteurs jusqu’à Antibes ou Mandelieu. L’hôtellerie, la restauration et le secteur des transports tournent à plein régime, comme l’a souligné la mairie.
Pour l’industrie cinématographique, le Festival de Cannes est un véritable carrefour d’affaires, avec 40.000 professionnels attendus en 2025, dont 15.000 accrédités pour le marché du film, représentant 140 pays. En plus des retombées économiques, la visibilité internationale est massive : l’édition précédente a attiré plus de 4.000 journalistes et 2.000 médias de 80 nations, offrant à Cannes une exposition difficile à chiffrer.
Cependant, cette prospérité n’est pas sans polémique. Le collectif Sous les écrans la dèche, représentant près de 300 travailleurs précaires des festivals, réclame depuis 2024 des améliorations dans le régime d’indemnisation des intermittents du spectacle. Bien qu’un accord ait été validé en avril 2025, son intégration au régime de l’UNEDIC n’est toujours pas effectuée, laissant de nombreux salariés sans réelles avancées sur leur rémunération. Contactée, la ville de Cannes a choisi de ne pas répondre aux préoccupations du collectif.







