Cinquante-trois ans après ses débuts, la maison Minelli, emblème du savoir-faire français en matière de chaussures, annonce sa fermeture imminente. Alors que le siège de Gémenos reste silencieux, les boutiques de Provence liquident leurs stocks à prix cassés, révélant une réalité amère pour le milieu de gamme français. La date fatidique ? Le 30 mai, marquant la fin d'une époque.
Le communiqué, sobre et poignant, publié mercredi 13 mai, officialise la fermeture de ses 21 points de vente : "C’est avec le cœur lourd que nous vous annonçons que Minelli ferme définitivement ses portes." Un message qui, derrière sa simplicité, masque des enjeux sociaux profonds. Les dirigeants de Minelli ont concenté leurs efforts sur un créneau devenu de plus en plus difficile à maintenir face à la concurrence croissante des géants du fast fashion.
Les clients, nostalgiques, se rappellent avec tendresse des créations intemporelles de la marque. Selon des experts du secteur, cette décision souligne les défis auxquels sont confrontés de nombreux acteurs du marché de la chaussure, comme l’indiquent nos confrères de La Provence. Le vide laissé par Minelli pourrait bien changer la dynamique du commerce local. À Aix et Avignon, les derniers clients se bousculent dans les magasins pour saisir une dernière paire de bottines, symbole d’un savoir-faire en perdition.
Alors que le siège de Gémenos témoigne de ce silence assourdissant de la fin d’un règne, les employés, dévastés, cherchent des réponses sur leur avenir. La fermeture de Minelli met en lumière un secteur en pleine mutation et ouvre un débat sur la pérennité des marques du milieu de gamme face aux défis de l'innovation et de l'économie circulaire. Qui saura prendre le relais dans ce paysage meurtri ?







