L’Association des étudiants poitevins en sciences infirmières a lancé une épicerie solidaire il y a un an, soutenue par une centaine d'étudiants.
À Poitiers, sur un total de 600 étudiants en sciences infirmières, environ une centaine a eu recours à l’épicerie solidaire des Blouses vertes. Fondée par l'Association des étudiants poitevins en sciences infirmières (Asepsi), cette initiative a été portée, entre autres, par Éloïse Métais, étudiante en deuxième année. « Mes parents résident dans la Vienne, donc pour le déjeuner, je peux facilement rentrer chez moi et je n'ai pas à gérer une situation de logement précaire », explique-t-elle, tout en notant que d'autres étudiants vivent des réalités différentes.
« La nourriture est une préoccupation quotidienne »
Éloïse souligne également que « les journées sont longues. Le temps pour déjeuner étant limité, ce n'est pas trop envisageable de se rendre dans un restaurant universitaire du Crous. Ainsi, avoir de quoi se nourrir le midi et le soir devient une nécessité. » Étonnamment, lors de la première collecte de fonds, organisée à l’issue d’un spectacle, elle ne s’attendait pas à un tel succès. « Nos formateurs ont généreusement contribué. Les étudiants ont apporté des denrées alimentaires, ce qui nous a permis de garnir les rayons. »
Leur seconde collecte, réalisée dans un supermarché, a été tout aussi fructueuse. « Nous avons réussi à remplir trois chariots, soit l'équivalent de deux armoires complètes », se réjouit Éloïse, qui joue un rôle central dans l'organisation de cette épicerie solidaire.
Vers l'ouverture d'une friperie
L'épicerie est ouverte tous les quinze jours. Son fonctionnement est simple : « Les produits d'hygiène sont gratuits, tandis que les denrées de première nécessité sont à un euro maximum. Pour des articles plus superflus, comme des gâteaux, le prix est légèrement supérieur. » De plus, de nombreux vêtements ont été donnés, et l'idée d'ouvrir une friperie est sur la table.
Éloïse remarque une « demande croissante », particulièrement parmi les étudiants de première année. Elle déplore néanmoins que certains ressentent encore « un certain ostracisme » à l'égard de cette aide. Cependant, elle rassure : « Nous ne mémorisons pas qui vient. Le flux est tellement important que cela ne pose pas problème. »
Avant la fin de l'année universitaire, l'épicerie prévoit d'organiser une troisième collecte pour envisager l'élargissement de ses horaires d'ouverture, notamment pour inclure des sessions le midi. Les Blouses vertes souhaitent répondre à une demande croissante et envisagent d'étendre l'accès de l'épicerie à tous les étudiants en santé. Pour réaliser cela, ils sont en quête de nouveaux dons afin de maintenir les rayons bien approvisionnés.
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