Lors d'un échange passionnant à Toulouse, Angèle Ménétrier, d'Aéroscopia, explore la question intrigante : pourquoi les toilettes d’avion vivent-elles d’une telle cacophonie ? D’emblée, il faut admettre qu’il s’agit d’un bruit impressionnant, mais parfaitement normal.
Contrairement à nos toilettes domestiques qui s'appuient sur un réservoir d'eau, les toilettes d’un aéronef reposent sur un ingénieux système à dépression. À bord, chaque kilogramme est précieux, et il est impensable de transporter des centaines de litres d'eau juste pour le tirage des toilettes. Au lieu de cela, le système fonctionne en créant un vide : lorsqu’on appuie sur le bouton, une vanne s’ouvre promptement, permettant à la différence de pression entre l’intérieur de la cabine et le circuit d’évacuation d’aspirer le contenu vers un réservoir spécifique immobile dans la soute de l'appareil.
À cruising altitudes, à environ 10 000 mètres, la pression externe devient bien plus faible que celle de la cabine pressurisée. Cela rend l’aspiration non seulement très efficace mais également bruyante. Ce fameux bruit de “whoosh” que nous entendons est le résultat de l’air aspiré à grande vitesse dans le conduit. Ce système présente plusieurs atouts : une faible consommation d'eau, un poids réduit par rapport aux méthodes conventionnelles et une meilleure hygiène en limitant les éclaboussures. Les déchets sont ensuite stockés dans un réservoir hermétique, lequel sera vidé par les équipes de maintenance au sol, comme l’a expliqué Le Monde.
Pouvons-nous risquer d'être aspirés ?
Non, ce mythe, bien que répandu, est infondé. Le système est spécifiquement conçu pour aspirer l’air et les déchets dans la cuvette, et non des personnes. Bien que la dépression soit forte, elle est de courte durée et se concentre dans le conduit d’évacuation. La conception de la cuvette et le diamètre des canalisations préviennent tout risque d’aspiration d’un passager. De plus, des dispositifs de sécurité garantissent que la vanne ne s'ouvre que si le système est correctement fermé.
Au sol, lorsque l’avion n’est pas pressurisé, le mécanisme fonctionne grâce à des pompes électriques, ce qui rend l’aspiration moins intense. En somme, même si le bruit peut surprendre, il n’y a pas de danger. C’est un système astucieux, élaboré pour opérer dans un environnement aussi singulier que celui d'un avion en altitude, pressurisé et contraint par la légèreté.







