La société française Carbon, en liquidation judiciaire, a déclaré qu'elle ne poursuivra pas son projet de gigantesque usine de panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Dans un communiqué daté du 19 mai, l'entreprise a mis en avant un manque de visibilité sur le marché européen comme principales raisons de cette décision. L’usine, censée marquer un tournant dans la réindustrialisation des composants solaires en France, devait produire des panneaux "made in France".
Alors qu'elle s'inscrivait dans une ambition de transition énergétique et de transformation industrielle, la giga-usine de Carbon, entièrement conçue pour rivaliser avec la production chinoise dominatrice, n'a pas pu aboutir. Le projet prévoyait la création de 3.000 emplois et la production de 5 GWc de cellules photovoltaïques, pour un investissement total évalué à 1,5 milliard d'euros.
Selon Les Echos, l’abandon de Carbon résulte d'une série de difficultés liées au financement. Malgré une première levée de fonds de 23 millions d'euros, l'entreprise a échoué à réunir les fonds nécessaires pour poursuivre son projet. Le financement participatif n'a pas suffi, malgré le soutien de divers acteurs de l'industrie.
"Après plus de quatre ans d'engagement, nous sommes contraints d'abandonner ce projet essentiel pour la transition énergétique de la France", a déclaré Carbon.
La situation met en évidence les retards dans la mise en œuvre des politiques de réindustrialisation en Europe, alors que des initiatives comme le Net Zero Industry Act et l'Industry Acceleration Act peinent à créer un cadre favorable aux projets européens. Des experts pointent également que le calendrier manque de clarté face à la domination de la Chine, qui représente actuellement 85% du marché mondial du solaire.
Des initiatives concurrentes existent cependant, comme celle de HoloSolis en Moselle, qui prévoit d’ouvrir une usine d’ici 2028. L’usine se concentrera sur la fabrication de cellules photovoltaïques, mais les défis demeurent importants avec des financements qui manquent dans un marché en mutation rapide. La Tribune souligne que d'autres entreprises continuent de produire en Europe mais s'appuient sur des cellules importées d'Asie, illustrant alors un paradoxe dans l’objectif de souveraineté énergétique.
Le maire de Fos-sur-Mer, Philippe Maurizot, a exprimé sa déception face à l'interruption du projet, soulignant le fossé considérable entre les investissements réalisés par la Chine et ceux d'Europe. Il a mis en garde contre les ambitions d’atteindre un niveau de concurrence avec Pékin dans ce secteur industriel complexe.







