Le Bosquel, une petite commune de 300 habitants proche de Conty dans le sud de la Somme, va bientôt disposer de son propre data center. Ce samedi, les entreprises retenues ont annoncé le lancement du projet, qui devrait créer 400 emplois à long terme tout en promettant de réduire l'impact environnemental et la consommation d'eau.
Ce projet a été officiellement annoncé après l'appel à candidatures lancé par la commune et la Communauté de Communes Somme Sud-Ouest (CC2SO) il y a six mois. Le data center, qui servira à la fois au stockage de données et comme supercalculateur pour l'intelligence artificielle, fait partie des quatre sites sélectionnés pour un raccordement rapide aux grands centres de calcul, comme l'a révélé l'État lors du sommet Choose France en mai 2025.
Un projet soutenu par Soft Bank et Sesterce
Les entreprises japonaises Soft Bank Groupe et Sesterce se sont engagées à développer et à gérer ce site d'une puissance d'un gigawatt. Dans un communiqué relayé par ICI Picardie, elles ont précisé qu'aucun calendrier concret n'a encore été fixé, mais elles s'engagent à minimiser leur empreinte écologique. Cela vise à rassurer les opposants qui craignent des nuisances sonores et une forte consommation d'eau.
Le projet est également accompagné d'un fonds de dotation de 10 millions d'euros qui sera géré avec l'État, la région Hauts-de-France, et la CC2SO pour favoriser l'intégration de l'intelligence artificielle dans les entreprises et les établissements scolaires locaux.
La localisation du Bosquel est un atout majeur selon les porteurs du projet. Situé à proximité des grands axes reliant Paris, Bruxelles, Londres, et Francfort, ce centre pourrait bientôt devenir un pilier de la souveraineté numérique française, en renforçant les capacités du pays en matière d'intelligence artificielle.
En plus du Bosquel, Soft Bank prévoit d'ouvrir deux autres data centers dans le nord de la France, à Loon-Plage près de Dunkerque et à Bouchain près de Valenciennes, pour un investissement global de 75 milliards d'euros en France.
Malgré les préoccupations exprimées par certains habitants au sujet des nuisances potentielles, l'ancienne municipalité a défendu l'importance de ce projet, présentant l’opportunité de création d'emplois variés. L'ancien maire, Gérard Glorieux, avait affirmé : "Ce projet apportera des emplois pour tous types de métiers. Nous ne deviendrons pas un village dortoir*".







