Dans un geste marquant de transparence, le roi Charles III a annoncé qu'il rendrait public le montant de ses impôts personnels, comme l'a confirmé le palais de Buckingham à l'AFP. Cette initiative intervient alors que les finances royales suscitent un intérêt croissant parmi les Britanniques.
Dès 1993, à l'instigation d'Elizabeth II, le souverain britannique s'est soumis par choix au paiement des impôts sur ses revenus privés, même s'il n'y est pas légalement contraint.
Bien qu'il ne soit pas obligé de publier sa déclaration d'impôts, les récents scandales affectant le prince Andrew et son implication dans l'affaire Epstein ont mis la famille royale sous le feu des projecteurs, suscitant des questions sur la gestion de ses finances.
Avant son accession au trône suite au décès d'Elizabeth II en septembre 2022, Charles avait déjà pris l'habitude de rendre publics certains détails de sa situation fiscale. Toutefois, il figurera désormais en tant que premier monarque à révéler sa déclaration intégrale.
Cette décision émane d'une volonté explicite du roi lui-même, comme l'a précisé un porte-parole du palais dans un communiqué, soulignant que cela correspond à une évolution plus générale de la monarchie dans ses pratiques.
"Nous souhaitons expliquer clairement les finances royales tout en les contextualisant historiquement et constitutionnellement," a indiqué le porte-parole. "Nous continuons d’évoluer et de nous moderniser," a-t-il ajouté.
La déclaration d'impôts pour l'exercice fiscal 2024-2025 devrait être mise en ligne ce jeudi, selon des informations relayées par la BBC.
- "Des interrogations persistantes" -
Parmi les éléments déclarés, figure le duché de Lancaster, principale source de revenus privés du roi. Pour l'année fiscale 2024-2025, Charles a reçu 26,8 millions de livres sterling grâce à ce territoire (soit environ 30,9 millions d'euros). Ce duché génère des revenus via la location de terrains agricoles et la gestion de biens immobiliers commerciaux et résidentiels.
Le prince William, hériter du trône, dispose d'un mécanisme similaire avec son duché de Cornouailles, bien qu'il ait décidé de ne pas publier ses propres informations fiscales.
Outre les revenus des propriétés, la famille royale bénéficie également d'un soutien public à travers le "Sovereign Grant", une allocation annuelle de 132,1 millions de livres pour l'exercice 2025-2026, somme qui n'est pas imposable.
Cependant, des groupes comme Republic, qui militent pour l'abolition de la monarchie, expriment déjà leurs réserves. Le porte-parole de l'organisation, Graham Smith, a insisté sur le besoin d'une véritable analyse indépendante des finances royales.
Il a également soulevé des questions cruciales, telles que l'absence d'obligation fiscale pour le roi et les exonérations de droits de succession sur les biens hérités de la monarchie.
L'image de la famille royale peine à se redresser après des révélations louches concernant Andrew, tombé en disgrâce suite à son engagement avec Jeffrey Epstein. De plus, une enquête parlementaire a été ouverte pour examiner les conditions de logement des membres de la famille, renforçant les doutes sur leur transparence.
Norman Baker, ancien parlementaire et spécialiste de la monarchie, a récemment déclaré à l'AFP que les événements entourant Andrew pourraient inciter les Britanniques à se poser des questions sur le coût réel de leur monarchie, les appelant à davantage de clarté.







