Emmanuel Macron et Giorgia Meloni, lors de leur premier sommet à Antibes, ont mis en avant une relation qui se veut "sérieuse" mais loin d'être "glaciale". Les deux dirigeants se sont efforcés de surmonter leurs divergences pour mettre en avant des projets de coopération ambitieux, notamment dans les domaines de la défense, de l'espace et de l'énergie.
"La température politique est au beau fixe, il n'y a plus de glacière", a souligné Macron avec le sourire, lors d'une conférence de presse conjointe. Il a rappelé l'importance de défendre les intérêts nationaux tout en cultivant un respect mutuel dans les échanges.
Meloni a, pour sa part, insisté sur le fait que, bien que les relations n'aient pas toujours été simples, elles sont désormais orientées vers une politique constructive. "Nous sommes des personnes sérieuses qui discutent sérieusement", a-t-elle affirmé, marquant un ton de camaraderie qui a fait ses preuves, en comparaison avec ses commentaires passés.
Les deux leaders ont souligné que la France et l'Italie ont besoin l'une de l'autre et se complètent face aux multiples crises qui prennent l'Europe en tenaille. "La France et l'Italie sont des partenaires naturels et essentiels", a ajouté Macron, tandis qu'il détaillait les projets bilatéraux à venir.
Ce sommet, le premier entre les deux nations depuis 2020, s'inscrit dans le cadre du Traité du Quirinal, qui a rehaussé le niveau des relations franco-italiennes à celles que Paris entretient avec Berlin. Ce pourrait être le dernier sommet pour Macron, dont le mandat se termine en 2027, tandis que Meloni espère se reconduire après les élections de l'an prochain.
Le cadre idyllique de la Villa Eilenroc a servi d'arrière-plan pour cette rencontre, offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, après une visite au musée Picasso d'Antibes. Les deux dirigeants ont mis en avant des échanges commerciaux qui devraient atteindre 112 milliards d'euros en 2025, ainsi que leurs positions communes concernant des crises internationales, de l'Ukraine à la situation au Moyen-Orient.
Ils ont aussi évoqué la création d'une "coalition" multinationale pour soutenir la souveraineté libanaise, alors que le pays fait face à des tensions avec Israël, même après l'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran. Meloni a noté : "France et Italie peuvent véritablement faire la différence, il est essentiel de garantir une présence internationale stable."
En pleine détente, Meloni distancie également ses relations avec Donald Trump, après une période marquée par des tensions. Macron, évoquant l'importance des États-Unis dans la dynamique transatlantique, a ajouté : "Nous espérons garder nos alliés américains proches".
Cependant, la relation n'a pas été exempte de frictions. Des conflits sur des questions migratoires ont marqué un tournant dans leur dialogue en 2022, tandis que Macron avait préalablement exhorté Meloni à éviter de faire des commentaires sur les affaires françaises.
Malgré cela, les ministres des deux pays ont signé une feuille de route quinquennale pour renforcer la coopération en défense, notamment en matière de missiles et de systèmes anti-aériens. Ils ont également exprimé leur soutien à un projet de fusion des géants européens de l’aéronautique et du spatial, dans le but de renforcer la souveraineté européenne.
Alors que l'Italie cherche à relancer son programme nucléaire, les deux nations collaborent également sur des réacteurs modulaires, renforçant ainsi leurs liens stratégiques et technologiques.







