Lancée en 2012 par des membres des Amis du Monde diplomatique et du Café Repaire d'Aix, l'initiative des rencontres déconnomiques a pris fin, mettant un terme à une voix alternative dans le paysage économique. Ces événements étaient nés d'un besoin de contestation face aux Rencontres économiques d'Aix, fondées en 2001, qui étaient jugées par certains comme un bastion d'une pensée unique et libérale.
Inspirée par l'émission radiophonique disparue "Là-bas si j'y suis", cette série de conférences visait à offrir une alternative créative à la pensée économique conventionnelle. Dany Bruet, l'un des initiateurs des Déconnomistes, ne cache pas sa déception : "Mais le Covid a eu raison de nous", admet-il, tout en critiquant les Rencontres économiques qui, selon lui, affichent "un vernis de valeurs de gauche" sans véritable substance.
Des experts en sociologie et en économie, tels que le sociologue Jean-Pierre Le Goff, estiment que la fin de ces rencontres souligne une crise plus large des espaces de débat public en France, exacerbée par la pandémie. "Nous avons besoin d'espaces où le dialogue critique peut se tenir, et la disparition des déconnomiques est regrettable pour la diversité des opinions", déclarent-ils.
Malgré leur fin, les initiateurs espèrent qu'un jour, des initiatives similaires pourront renaître, redonnant alors voix à ceux qui cherchent à émettre des critiques face à l'hégémonie des discours économiques traditionnels.







