Les relations entre les États-Unis et le Venezuela ont été marquées par une série de contentieux depuis l'accession au pouvoir de Nicolas Maduro en 2013. Les questions de démocratie, d'embargo économique, de narcotrafic et de migrations se sont intensifiées au fil des ans.
- Démocratie en question
Les États-Unis et de nombreux pays à travers le monde non seulement ne reconnaissent pas la légitimité de Nicolas Maduro, mais le considèrent également comme un dirigeant illégitime. La répression violente des manifestations en 2013, suite à son élection, a conduit Washington à imposer des sanctions contre des responsables vénézuéliens, en raison de violations des droits humains. Les élections présidentielle de 2018 et de 2024 ont également été qualifiées d'illégitimes, ce qui a conduit à la montée en puissance de Juan Guaido, reconnu comme "président par intérim" par une soixantaine de pays, déclenchant une rupture diplomatique majeure avec Caracas.
- Accusations d'ingérence étrangère
Nicolas Maduro, accusant souvent Washington d'ingérence, a qualifié l'assistance des États-Unis à l'opposition d'"attaque fasciste". En 2020, il a même évoqué une mystérieuse tentative d'incursion armée orchestrée par Trump, que ce dernier a rejetée. Les tensions se sont intensifiées de façon spectaculaire avec les allégations d'actions clandestines de la CIA.
- Embargo pétrolier : un coupable économique
En 2019, Washington a imposé un embargo sur le pétrole vénézuélien, cherchant à affaiblir l'économie du pays. Avant l'embargo, le pétrole constituait 96% des revenus du Venezuela. De plus, la majorité des clients étaient américains. Aujourd'hui, la production a chuté de 3,5 millions de barils par jour à moins d'un million, exacerbée par une mauvaise gestion interne. Le pays s'oriente désormais vers des ventes sur le marché noir, en particulier vers la Chine. Les États-Unis ont récemment intensifié leurs actions avec des saisies de navires pétroliers, décrites par Maduro comme une "menace grotesque".
- Narcotrafic et accusations
Les accusations de narcotrafic ne sont pas étrangères au conflit. En mars 2020, Maduro a été inculpé aux États-Unis pour "narco-terrorisme". Washington a proposé des récompenses allant jusqu'à 50 millions pour des informations menant à son arrestation. Beaucoup voient ces allégations comme un moyen de discréditer Maduro. Ce dernier rejette ces accusations, les qualifiant de tentatives déguisées de s'approprier le pétrole vénézuélien.
- La crise migratoire
Avec environ huit millions de Vénézuéliens ayant fui leur pays, la crise migratoire est une autre source de tension. Donald Trump a accusé Maduro d'être responsable de l'exode massif, soulignant que des centaines de milliers de prisonniers ont fui vers les États-Unis. En 2021, des milliers de ces migrants ont été expulsés, une décision critiquée par divers groupes de défense des droits humains, faisant écho à des rapports de torture dans les centres de détention.
Les experts estiment que les sanctions américaines, combinées à des problèmes économiques internes, ont exacerbé la situation déjà précaire du Venezuela, comme le souligne Le Monde. Les relations entre les deux pays semblent plus tendues que jamais, avec peu d'espoir d'un dégel imminent.







