Ce week-end, des violences ont éclaté en Iran, marquant une escalade significative dans un mouvement de protestation qui a débuté le 28 décembre dernier. Initiées par des préoccupations économiques, ces manifestations se sont progressivement étendues aux revendications politiques. Selon des rapports, la colère des citoyens a été exacerbée par une hyperinflation croissante et des conditions économiques désastreuses.
Les troubles se sont répandus dans plus de quarante villes, avec un bilan tragique d'au moins douze morts, incluant des membres des forces de sécurité. Le président américain Donald Trump a réagi dès dimanche, menaçant le régime iranien de représailles sévères si des civils étaient à nouveau tués. "Nous surveillons cela de près. S'ils recommencent à tuer des gens comme par le passé, ils seront sévèrement frappés par les États-Unis", a-t-il déclaré, alors qu'il se trouvait à bord de l'Air Force One.
Face à l'ampleur des manifestations, le gouvernement iranien joue la carte de l'apaisement, en reconnaissant les "revendications légitimes" tout en mettant en garde contre la fermeté envers les "émeutiers". En réponse à la situation économique de plus en plus précaire, une aide financière mensuelle de 10 millions de rials, équivalente à environ six euros, a été annoncée pour atténuer la pression sur la population.
Malgré cette initiative, le nombre de manifestants continue de croître dans des villes comme Téhéran, où des slogans politiques tels que « Mort au dictateur » résonnent dans la nuit. Les forces de sécurité, bien que présentes, rapportent que les rassemblements ne sont pas aussi massifs que ceux observés lors des précédentes vagues de contestation, comme celles de 2022, après le décès de Mahsa Amini.
Dans l'ouest du pays, la situation est particulièrement tendue. Des rapports émanant d'agences de presse iraniennes évoquent des "attaques organisées" sur des commissariats, entraînant des affrontements violents. L'organisation de défense des droits de l'homme, Hengaw, accuse les Gardiens de la Révolution d'avoir ouvert le feu sur des manifestants, causant plusieurs morts parmi la minorité kurde locale.
Alors que le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a reconnu la légitimité des revendications économiques des manifestants, il a également insisté sur la nécessité de rétablir l'ordre. Des experts en sociologie politique soulignent qu'une partie de la population est de plus en plus méfiante envers le gouvernement, ce qui pourrait prolonger et intensifier les manifestations. Comme le précise Le Monde, le climat actuel est fragile, et la répression pourrait engendrer de futures vagues de contestation.
Dans les jours à venir, la réponse du gouvernement pourrait déterminer l'issue de ce mouvement populaire, qui pourrait, selon les analystes, évoluer en un défi majeur pour le régime iranien.







