La Réserve fédérale des États-Unis (Fed) semble s'engager dans une période d'immobilisme, débutant 2026 sur une note similaire à celle de 2025, au grand désespoir de Donald Trump, en maintenant ses taux d'intérêt inchangés.
Comme prévu tous les six mois, la banque centrale doit annoncer sa décision à 19H00 GMT, suivie par une intervention de son président, Jerome Powell, une demi-heure plus tard pour expliciter les choix effectués.
Les investisseurs anticipent un maintien des taux dans la fourchette actuelle, entre 3,50 % et 3,75 %, en raison d'une série de baisses intervenues à la fin de 2025, le comité cherchant à évaluer l'effet de cette baisse sur le marché de l'emploi et sur l'inflation.
Ce retour à une politique monétaire prudente arrive peu après que M. Powell a exprimé, dans une vidéo solennelle le 11 janvier, qu'il était sous enquête par le ministère de la Justice, une démarche qui pourrait déboucher sur des poursuites judiciaires. Cela marque une ferme opposition aux pressions exercées par l'administration présidentielle, qui souhaitait un alignement sur ses préoccupations.
Depuis un an, Trump plaide pour une réduction plus significative des taux d'intérêt, arguant que cela pourrait stimuler l'économie et alléger le fardeau de la dette publique. Pour lui, l'inflation ne devrait plus constituer une crainte.
Cependant, une enquête récente indique que le moral des consommateurs est à son niveau le plus bas depuis une décennie, handicapé par des préoccupations sur le pouvoir d'achat, alors que l'inflation demeure au-dessus de l'objectif de 2 % fixé par la Fed depuis plus de cinq ans.
- Dissensions internes -
La banque centrale a fait de la stagnation des taux sa ligne directrice durant la majorité de l'année 2025, craignant que les taxes douanières imposées par Trump ne dérèglent la dynamique économique. Finalement, la Fed a initié quelques baisses à partir de septembre, en réponse à la faiblesse des créations d'emplois.
Cependant, les désaccords internes se sont intensifiés en raison d'une inflation persistante, qui a grimpé de 2,8 % sur un an en novembre. Michael Strain, économiste à l'American Enterprise Institute, estime que ce gel des taux pourrait être bénéfique, ant disant que la Fed a peut-être agi trop précipitamment l'année précédente.
"Le marché du travail est sans doute plus solide que ce que la Fed prétend", observe-t-il, soulignant la possibilité que l'inflation s'accélère en 2026, ce qui pourrait forcer la Fed à relever ses taux ultérieurement.
La décision de la Fed de maintenir le statu quo pourrait ne pas obtenir un soutien unanime parmi ses 12 membres. Au moins un gouverneur, Stephen Miran, désigné par Trump, pourrait peser pour des réductions plus importantes des taux.
D'autres gouverneurs, comme Michelle Bowman et Christopher Waller, aussi choisis par Trump, pourraient s'opposer à la majorité. Kathy Bostjancic, économiste pour Nationwide, identifie Waller comme un potentiel candidat à la succession de Powell, notant que voter en faveur d'une réduction pourrait renforcer ses chances d'être désigné, tout en risquant de ternir l'indépendance de la Fed dans ce contexte de pressions politiques.







