Dans une démarche qui n’est pas sans rappeler les gestes spectaculaires d'autres dirigeants, Donald Trump, l'ancien président américain, envisage de voir les grands lieux de transit, notamment la célèbre gare Penn Station à New York et l’aéroport international Dulles, arborer son nom. Cette proposition, rapportée par des médias tels que CNN et NBC, inclut un montage financier audacieux : débloquer plus de 16 milliards de dollars de fonds fédéraux gelés pour un projet ferroviaire reliant New York et le New Jersey, en échange du soutien politique de Chuck Schumer, le chef de la minorité démocrate au Sénat.
La réponse de Schumer a été immédiate et négative, qualifiant l’offre de tentative d’extorsion. Ce rejet illustre la tension croissante entre l’ancien président et la classe politique, accentuée par des propositions jugées opportunistes. "Renommer des infrastructures emblematiques devrait se faire après un mandat, pas pendant", a déclaré Jerry Nadler, représentant de New York.
Un héritage controversé
Les projets d'aménagement de Trump ne s’arrêtent pas là. Après avoir renommé le prestigieux "Kennedy Center" en "Trump-Kennedy Center", le président a également dévoilé des projets d'importance, tels que l'édification d'un "Arc de l’Indépendance", inspiré de l’Arc de Triomphe parisien. Des projets qui visent à inscrire son nom dans l'histoire, d’une manière ou d’une autre.
En parallèle, le département du Trésor a confirmé qu'il envisageait de créer une pièce de monnaie à son effigie, une initiative qui viole les lois interdisant d'honorer un président vivant avec des monnaies officielles. Ce mélange entre aspirations personnelles et obligations publiques soulève des questions importantes sur le sens de l'héritage dans la politique moderne.
Alors que moins de la moitié de ses prédécesseurs ont eu des infrastructures à leur nom de leur vivant, Trump ne semble pas hésiter à briser les conventions. Sa volonté d’apposer son nom sur des symboles nationaux pourrait refléter un désire profond d'ancrer son image dans la mémoire collective américaine, malgré le risque de division qu'une telle manœuvre pourrait engendrer.
Pourtant, cette quête d'immortalité à travers l'érection de son image semble rencontrer une résistance croissante, des voix s'élevant pour défendre l'intégrité des institutions américaines. Le débat s'engage : à quel prix, et au bénéfice de qui, se définit l'héritage d'un leader ?







