Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi que l'Iran se rapprochait de sa "décimation", trois semaines après le début d'un conflit qui a provoqué une hausse significative des prix des hydrocarbures. Il a estimé que cette guerre pourrait se terminer "bien plus vite" que prévu.
Lors d'une conférence de presse télévisée, M. Netanyahu a affirmé : "Après 20 jours, je peux vous annoncer que l'Iran n'a plus la capacité d'enrichir de l'uranium ni de produire des missiles balistiques." Cette déclaration intervient après que l'ancien Président Donald Trump ait lancé une offensive contre l'Iran le 28 février, avec l'objectif de neutraliser la menace nucléaire, malgré ses précédentes affirmations selon lesquelles le programme militaire iranien aurait été détruit en juin 2025.
Selon Netanyahu, l'inventaire de missiles, de drones et de lanceurs d'Iran a été considérablement réduit. "L'Iran est en train d'être décimé et Israël est en train de remporter la guerre", a-t-il ajouté, prédisant une conclusion rapide du conflit.
Cependant, Tulsi Gabbard, cheffe des services de renseignement américains, a tempéré ces propos en affirmant que le régime iranien était "fortement affaibli" mais restait actif, tout en refusant de confirmer que l'Iran représentait une "menace imminente" avant le conflit.
Sans fixer de limite temporelle pour les opérations militaires, Trump a annoncé qu'il n'enverrait pas de troupes au sol. Le conflit a pris une tournure plus agressive, ciblant des infrastructures essentielles de production et de stockage d'énergie, entraînant une flambée des prix des hydrocarbures. Ainsi, le baril américain WTI a gagné plus de 5 % jeudi, atteignant temporairement 100 dollars, tandis que le gaz européen a grimpé jusqu'à 35 %.
Parmi les installations ciblées figurent Ras Laffan, le principal site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, qui a subi des "dommages considérables", selon les autorités qataries, qui estiment que cela pourrait réduire leur capacité d'exportation de GNL de 17 %.
D'autres attaques ont visé des raffineries au Koweït et une raffinerie saoudienne à Yanbu, en réponse aux frappes sur le champ de South Pars/North Dome, partagé par l'Iran et le Qatar.
Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a prévenu qu'Iran ne montrerait "aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques étaient de nouveau attaquées.
Trump a affirmé qu'Israël avait agi "seul" après que son administration ait demandé un arrêt des attaques. Toutefois, il a menacé de détruire massivement les installations iraniennes si les frappes persistaient. Aditya Saraswat, analyste chez Rystad Energy, prédit que si d'autres cibles sont frappées, le baril pourrait atteindre jusqu'à 120 dollars dans un avenir proche.
Alors que le marché pétrolier se stabilise, les États-Unis envisagent de lever certaines sanctions sur le pétrole iranien déjà stocké en mer, selon le ministre des Finances, Scott Bessent. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a également commencé à libérer des réserves, fournissant 426 millions de barils, principalement du brut.
Malgré ces tensions, l'Iran semble maintenir une capacité militaire significative. "Nous devons exploiter les fissures au sein de leur commandement", a noté Netanyahu, ajoutant que le détroit d'Ormuz reste quasiment totalement bloqué par Teheran—un passage stratégique pour le transport de 20 % du pétrole et du gaz mondial. L'Organisation maritime internationale (OMI) appelle à établir un couloir d'évacuation pour les navires bloqués, en attendant que la situation s'améliore.
Dans la capitale iranienne, la vie continue presque normalement. À la veille de Norouz, le Nouvel an persan, le centre-ville était bondé comme d'habitude, bien que la présence des forces de sécurité soit renforcée. À Qom, des milliers de personnes ont assisté à l'enterrement d'Ali Larijani, chef de la sécurité tué par Israël, brandissant des drapeaux et affichant un sentiment national fort.







