En réponse à l'envolée des prix des carburants, le gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu a annoncé le 23 mars un ensemble de mesures visant à apaiser la situation financière des secteurs de la pêche et du transport.
Le Premier ministre a demandé aux raffineurs français de déterminer rapidement s’ils pouvaient accroître temporairement leur production, afin de soulager la pression sur le marché des carburants. Un courrier consulté par l’Agence France-Presse révèle que l’exécutif souhaite « alléger la tension sur les marchés des produits raffinés en Europe » en réponse à la crise énergétique mondiale, exacerbée par les conflits au Moyen-Orient.
Pour aider les entreprises de pêche et de transport, des mesures de soutien incluent le report des cotisations sociales, l’« étalement des échéances fiscales » et l'accès à des prêts via BPIfrance, la banque publique d’investissement.
TotalEnergies atteint ses limites de production
Les raffineries, cependant, font face à des contraintes de production. Selon un représentant de North Atlantic, propriétaire de la raffinerie de Gravenchon, « avec l’outil technique actuel, il est seulement possible d’augmenter la capacité de production de 10 % », soit environ 12 000 tonnes de kérosène additionnelles par mois. Cela souligne la dépendance de la France vis-à-vis des importations, notamment en gazole, dont le pays reçoit 50 % de sa consommation.
TotalEnergies, principal acteur sur le sol français, a pour sa part affirmé qu'aucune augmentation de production n'est envisageable à ce stade, les installations fonctionnant déjà à pleine capacité.
Les pêcheurs et transporteurs en colère
Malgré ces efforts, les représentants des pêcheurs, dont l’Association nationale des organisations de producteurs (ANOP) et l’Union des armateurs à la pêche de France (UAPF), ont qualifié ces mesures de « mesurettes », exprimant leur besoin urgent d’actions substantielle. « Nous sommes au bord du gouffre ; partir en mer revient à travailler à perte », a déclaré le Comité national des pêches maritimes.
De son côté, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) réclame également une publication plus fréquente des indices de prix du gazole afin de mieux refléter les fluctuations du marché sur leurs factures.
En conclusion, bien que des mesures aient été prises, la tension demeure palpable dans les secteurs vulnérables, et la quête d'un soutien réel perdure.







