Le maire de Saint-Cyprien, Thierry Del Poso, a été condamné le 9 avril par le tribunal correctionnel de Perpignan à trois mois de prison avec sursis pour avoir donné une gifle à son rival politique, Jean Jouandet, en 2016. La défense du maire évoquait une légitime défense, une argumentation qui n’a pas convaincu la justice.
Durant l’audience, Thierry Del Poso est resté impassible, insistant sur le fait qu’il n’avait réagi qu’à une provocation perçue. Selon ses propres mots, il décrit la scène comme tendue : "Il était en furie, le visage à quelques millimètres de moi". En évoquant un doigt posé sur sa joue et un col saisi, il déclarait avoir agi par instinct lorsqu’il a giflé son opposant, causant des dommages à son appareil auditif.
Une gifle jugée disproportionnée
Pour la procureure, cette réaction était loin d'être justifiée. Elle a souligné que le geste de Del Poso n'était ni nécessaire, ni proportionné, surtout face à un homme âgé de 78 ans, déjà affaibli. Des expertises médicales n'ont établi aucun lien entre la gifle et les problèmes de santé de Jean Jouandet. Toutefois, sa veuve, Isabelle Jouandet, a affirmé que son mari s'était "laissé mourir" après l'incident.
Finalement, le tribunal a décidé d’imposer une peine plus clémente que celle demandée par le parquet, qui avait requis quatre mois de prison avec sursis. Del Poso devra également payer 1.000 euros à la partie civile. Ce jugement a soulevé des vagues de mécontentement, notamment chez Isabelle Jouandet, qui a dénoncé "des carences dans l'instruction", tout en se disant soulagée de voir enfin cette affaire se conclure, après une décennie d'attente.
Des experts, comme le juriste Pierre Dubois, soulignent l'importance de cette affaire qui met en lumière les limites de la légitime défense et questionne les comportements des élus face aux tensions politiques. Un éclairage nécessaire sur des situations qui peuvent engendrer des conséquences bien au-delà du cadre judiciaire.







