L'essentiel, c'est que l'Impérial Cocktail, un projet prometteur mêlant les cultures latino et caribéenne à Agen, a récemment été frappé par un acte de vandalisme. Moins de deux jours avant son inauguration annoncée pour le 23 mai, les fondateurs font face à une situation déplorable, mais restent résolus à aller de l'avant.
Jordanne Augé-Bonnefon et son époux Achille ont commencé leur aventure entrepreneuriale rue Molinier il y a maintenant deux ans. L’idée initiale était d'initier les clients à la préparation de cocktails, avec ou sans alcool, mais les choses ont évolué. Récemment, le couple a obtenu la précieuse licence IV qui leur permettra de proposer des boissons alcoolisées à leurs clients.
Mais, la surprise est amère. Le samedi 16 mai, alors qu'ils se rendent sur place pour les derniers préparatifs, ils découvrent que des planches menant à l’entrée ont été dégradées. "C'était comme si quelqu'un avait passé près d'une heure à vandaliser ce qu’on avait mis tant de temps à préparer", exprime Jordanne, profondément affectée.
La première réaction du couple fut de prendre des photos et de contacter la police. Ils partagent également leur colère sur Instagram, ce qui attire l'attention d'un témoin. Ce dernier leur raconte avoir entendu un homme mentionner qu'il allait "casser du racelard", un terme argotique visant à dénigrer. Selon ce même témoin, l'homme aurait ciblé les croix décorant leurs portes, les associant à des connotations religieuses qu'il jugeait problématiques.
Un message de tolérance
Pour Jordanne et Achille, la réaction de cet individu semblait non seulement déplacée, mais également incomprise. "Notre projet est uniquement de partager la culture latino-caribéenne. Les croix font partie intégrante de cette culture, mais nous ne voulons pas être considérés comme une église", précisent-ils. Leur objectif est un bar cosmopolite, un espace de découverte et de plaisirs gustatifs.
Achille, lui-même d'origine guatémaltèque, et Jordanne, qui a passé son enfance dans les Antilles, soulignent qu'ils ont toujours été ouverts aux diverses cultures. "Mon fils est métis. Comment pourrions-nous être contre la diversité ?" s’étonne Jordanne. Ils s’inquiètent alors de ce que des préjugés infondés peuvent engendrer comme réactions violentes.
"Nous ne sommes qu'un bar latino !", dénoncent-ils. Ils s'engagent à faire de leur établissement un lieu d’échanges et de convivialité. "Nous voulons faire découvrir la richesse de notre patrimoine culturel à travers des cocktails".
Le couple a porté plainte le 18 mai et a immédiatement entrepris les réparations, encouragés par le soutien de leur future clientèle et d'autres commerçants du quartier. "Nous avons recollé ce qui pouvait l'être. Ne pas ouvrir serait donner raison à l'auteur de cet acte. Pourtant, nous sommes déçus, nous sommes en colère, mais nous ne laisserons pas ce vandalisme nous défaire. Nous avons investi toutes nos économies ici, et nous sommes déterminés à poursuivre notre rêve dans cette rue que nous adorons".







