Un dentiste du quartier Saint-André à Marseille est actuellement jugé au tribunal correctionnel pour des faits d'escroquerie à la Sécurité sociale et de blanchiment d'argent. Entre 2020 et 2023, cet homme, âgé de 36 ans, admet avoir émis de fausses factures, tout en remettant en question le montant estimé du préjudice, évalué à plus de 2,6 millions d'euros.
Vivait-il au-dessus de ses moyens ? La réponse semble oui. En effet, son train de vie extravagant, marqué par des voitures de luxe et divers biens immobiliers, suscite l'intérêt des enquêteurs. La situation a été révélée après un signalement effectué à la Caisse d'assurance maladie en avril 2022, concernant des facturations abusives de couronnes dentaires. Certaines dents auraient même été facturées deux fois selon l'accusation.
Au cours de l'enquête, le parquet a mis au jour plus de 10 000 actes irréguliers. Devant le tribunal, le dentiste reconnait l'escroquerie, mais contestent fortement le préjudice avancé. Notons que celui-ci recevait jusqu'à 72 fois plus d'indemnisations que la moyenne de ses collègues marseillais. "Quand on est emporté par la frénésie, il est difficile d'avoir du recul", explique-t-il lors de son audition.
Une industrialisation de la fraude ?
Aux côtés du dentiste, six patients également jugés sont incriminés. "Ils ont collaboré avec moi, certains me demandaient même des compensations," déclare le praticien. Une mère de famille, ayant fourni près d'une trentaine de cartes Vitale pour faciliter de fausses facturations, se défend en précisant : "C'est lui qui m'a proposé ce plan". En conséquence, 80 000 euros ont été saisis sur son compte ainsi que ceux de ses proches. "J'ai agi sans réfléchir, je ne récidiverai pas," assure-t-elle.
La présidente du tribunal n'a pas hésité à réprimander : "Avec vous, ce système de fraude prend des proportions inquiétantes !". Me Gilles Martha, avocat de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, observe une transformation dans la nature des fraudes : "On passe d'escroqueries individuelles à des réseaux organisés, et cela doit cesser au plus vite," avertit-il.
Le procès se poursuivra ce jeudi 28 mai, et les sept mis en cause encourent potentiellement jusqu'à 7 ans de prison et 750 000 euros d’amende.







