Le dossier de la disparition de la famille Méchinaud, surnommée les "disparus de Boutiers", est l'un des plus anciens gérés par le pôle "cold cases" de Nanterre. En 53 ans, ce mystère n'a jamais trouvé d'explication. Les enquêteurs, spécialisés dans les affaires non résolues, sont déterminés à percer le secret entourant le couple et leurs deux enfants ainsi que leur voiture, qui se sont volatilisés sans laisser de trace.
De nouvelles fouilles sont en projet, comme l'indique Me Marine Allali, avocate de la sœur de la mère disparue, la dernière partie civile active dans ce dossier. Elle a confirmé cette initiative dans un entretien avec Ouest-France. "Elle est satisfaite de cette reprise en main de l'enquête et espère que ces fouilles vont donner quelque chose", a-t-elle déclaré.
Bien que l'emplacement précis de ces nouvelles recherches reste à confirmer, elles devraient se concentrer autour de l'endroit où la voiture des Méchinaud a été vue pour la dernière fois.
Un mystère insondable : accident, fugue ou crime?
Le 24 décembre 1972, Pierrette, son époux Jacques et leurs deux enfants, Éric (7 ans) et Bruno (4 ans), se rendent chez des amis pour le réveillon de Noël à Cognac, à proximité de leur domicile à Boutiers-Saint-Trojan. Vers une heure du matin, le couple reprend la route à bord de leur Simca 1100 couleur grenat. Paradoxalement, ils disparaissent mystérieusement sur le chemin du retour.
Il est curieux de noter que la famille avait manifestement prévu de rentrer chez elle, soulageant tous leurs plats de fête dans le réfrigérateur, les huîtres et la dinde pour le Noël à venir demeurant intactes, tandis que des cadeaux attendaient au pied du sapin. Des recherches intensives, incluant des fouilles des zones environnantes et des étendues d'eau, ont été entreprises dans les jours suivants leur disparition.
Toutes les hypothèses ont été envisagées, du tragique accident à une éventuelle fugue. Une des pistes explorées concernait des tensions conjugales : Jacques Méchinaud avait récemment appris que sa femme le trompait avec un voisin, une épreuve qu'il paraissait difficile à accepter. Cependant, aucun indice tangible n’a permis d'orienter l’enquête vers une hypothèse prépondérante.
En 2012, l'espoir a brièvement refait surface avec la découverte d’ossements, mais les analyses ADN n’ont pas permis d’établir de lien avec la famille Méchinaud. L'arrivée du pôle "cold case" de Nanterre, créé en 2022, a redynamisé l'enquête, et ces nouvelles fouilles sont attendues comme un potentiel tournant dans ce dossier ancien et complexe.
Experts et médias s'interrogent sur les résultats de cette nouvelle initiative. Selon un ancien enquêteur, "ces nouvelles fouilles pourraient révéler des éléments cruciaux longtemps négligés". Les résultats, quels qu'ils soient, permettront de faire avancer une enquête qui demeure ancrée dans la mémoire collective, illustrant les méandres souvent tragiques des affaires non résolues en France.







