Moins d'un mois après le terrible incendie qui a ravagé un bar à Crans-Montana, Jacques Moretti, le gérant de l'établissement, a été libéré de prison après avoir versé une caution de 215 000 euros. Cette décision a provoqué une vive indignation, non seulement parmi les victimes, mais aussi au sein de leurs familles.
Les proches des victimes sont en émoi. Coline Lanseigne, l'une des survivantes, vient tout juste de sortir du coma et exprime son indignation : "Aujourd'hui, je dois réapprendre à marcher, à manger. Et lui, on lui remet 200 000 euros pour le libérer. C'est intolérable. Je ne suis pas la seule : nombreuses sont les personnes qui se battent pour vivre après cette tragédie."
Laetitia Brocard-Sitre, une mère sœur éplorée, a passé des heures à chercher son fils Arthur, pour finir par apprendre sa mort. Elle s'interroge sur les motivations derrière le versement de la caution : "Il y a quelqu'un d'anonyme qui semble beaucoup apprécier le couple Moretti et qui a pu sortir des fonds importants. J'espère qu'ils sont propres."
Le gouvernement italien exprime son indignation
Bien que Jacques Moretti soit libre, il doit respecter certaines conditions strictes : interdiction de quitter le territoire et pointage quotidien au commissariat. Avec sa compagne, il est accusé d'homicide par négligence après l'incendie tragique qui a fait 40 morts, principalement de jeunes fêtards, durant la nuit du Nouvel An. La question se pose également sur le risque de pression dans l'enquête, à en croire Maître Romain Jordan, l'avocat représentant les familles endeuillées : "Mes clients craignent que les témoignages soient influencés, manipulés ou même supprimés."
Les Moretti, par le biais de leurs avocats, assurent qu'ils collaboreront avec la justice. Cependant, cette affaire a pris une tournure diplomatique avec le gouvernement italien qui, le 24 janvier, a exprimé son indignation face à la décision de libération de Jacques Moretti.







