Un homme sans visage et sans nom continue de faire peser une menace sur les victimes de ce qui est maintenant appelé le "violeur d'Antibes". Entre 1994 et 2006, il a agressé au moins seize femmes entre le sud de la France et la région parisienne. Après avoir été négligée pendant des années, cette affaire est à nouveau prise en compte par le pôle cold case de Nanterre depuis 2024.
Ce dimanche, Sylvaine et Sylvie ont partagé leurs épreuves sur le plateau d'Affaire Suivante, révélant des détails d'un dossier qui reste empreint de mystère tout en suscitant l'espoir d'une résolution.
Un modus operandi clairement défini
Le "violeur d'Antibes" est reconnu pour son mode opératoire particulier. Masqué d'une cagoule et muni de gros scotch, il s'introduisait dans les logements de femmes isolées, qu'il avait minutieusement surveillées.
Le 12 juillet 2003, Sylvaine, de retour d'un défilé de mode à Paris, est confrontée à son agresseur. Elle décrit avec précision l'angoisse et la terreur qu'elle a ressenties : "Je comprends rapidement qu'il est là pour me violer," raconte-t-elle. Un scénario similar se joue à travers les récits de ses autres victimes, signifiant que cette affaire n'est pas un cas isolé.
Trahi par son ADN
L’enquête sur ce violeur en série ne commence véritablement qu'en 2005, après une série d'agressions à Antibes. Les victimes, comme Sylvie, décrivent des expériences de violence physiques et psychologiques dévastatrices. "Je savais qu'il voulait me faire du mal," se souvient-elle. À chaque crime, l'ADN de l’agresseur est prélevé, soulevant plus de questions que de réponses, car le criminel ne figure dans aucun fichier de délinquants.
Des abus dans plusieurs régions
François Daoust, directeur du Centre de recherche de la gendarmerie nationale, affirme que le violeur a montré une méthode agressive et réfléchie, sélectionnant précisément ses victimes. Les éléments recueillis ont prouvé sa présence non seulement dans le sud de la France mais aussi en Île-de-France, où il a été actif jusqu'à la fin des années 1990. Silence radio depuis 2006.
Didier Seban, avocat représentant plusieurs victimes, évoque le travail d’un ancien gendarme ravi par l'idée de reprendre les dossiers, récoltant ainsi de nouvelles informations. Des projets d'hypnose pour aider les victimes à se souvenir de leur agresseur émergent également, pour un visage qui semble si lointain.
Unités dans l’épreuve
Parallèlement à la recherche de justice, les victimes se battent pour faire reconnaitre leur souffrance. "J’ai souffert en silence pendant des années, " déclare Sylvie, évoquant ses épisodes de dépression après l'agression. Le collectif formé pour sensibiliser le public et recueillir d'autres témoignages amène une lueur d'espoir, permettant à ces femmes de reconstruire leur récit ensemble, et de briser longtemps le silence qui pesait sur leur douleur.
L'affaire "violeur d'Antibes" n'est pas seulement celle d'un criminel; elle met aussi en lumière les vérités humaines et les luttes personnelles de celles qui ont été oubliées.







