« Je suis entièrement responsable de tout ça », a déclaré Jean-Pierre D., 58 ans, devant la cour criminelle de Seine-et-Marne. Accusé de viols sur une femme qui était venue déposer plainte pour violences conjugales, il a exprimé des excuses sans ambages, déclarant : « C’est vous la victime, ce n’est pas moi. » Ce procès, qui doit se terminer jeudi, est tenu sous un climat humain et émotionnel intense.
L’ancien policier est en détention depuis fin 2023 et a été accusé d’avoir contraint Armandina B.P., une femme de nationalité angolaise, à des actes sexuels. Bien qu'il ait nié ces actes au départ, il a depuis reconnu ses erreurs, tout en déclarant ne pas avoir compris le refus de la plaignante à l’époque. « Je n’avais pas cette notion de non-consentement, c’est ça qui est horrible », a-t-il révélé. Des experts en psychologie, comme le Dr. Claire Ribot, estiment que son passé traumatique pourrait influencer ses comportements, affirmant que « la reconnaissance de la responsabilité est souvent le premier pas vers la guérison, tant personnelle que pour la victime. »
Les mots de Jean-Pierre D. ont été accueillis avec scepticisme par la partie civile. Armandina B.P. a, dans un premier temps, décrit ses excuses comme des « larmes de crocodile », mais a aussi exprimé une volonté de pardon, inspirée par sa foi chrétienne. En larmes, elle a partagé à quel point elle a vécu cette expérience comme une humiliation, précisant : « Je vais mourir avec ça. » Elle a expliqué avoir été terrifiée, croyant que le policier pourrait la renvoyer dans son pays d’origine, laissant ses trois enfants nés en France.
Un parcours marqué par la violence
Les auditions ont révélé le passé difficile de l'accusé, qui a souffert de violences durant son enfance. Victime de viols dans son enfance, ses expériences ont été évoquées lors des débats, illustrant comment son histoire personnelle a façonné son parcours. La présidence du tribunal a même fait référence à un « docteur Jekyll et mister Hyde », soulignant le contraste entre l’homme calme qu’il pouvait être et ses comportements prédateurs.
D’après des sources judiciaires, sur les 176 plaintes qu’il a reçues en 2023, plusieurs faisaient état de comportements jugés inappropriés. Cette dualité soulève des questions importantes sur le cadre dans lequel évoluent les forces de l'ordre aujourd'hui.
Jean-Pierre D. a dit avoir entamé une thérapie pour se réformer, afin de ne plus vivre de cette façon et pour qu’il n’y ait pas d’autres victimes comme Armandina. « C’est moi qui ai honte. Ce n’est pas à Armandina B.P. d’avoir honte », a-t-il conclu, laissant un écho de complexité à cette affaire à la fois tragique et révélatrice d’une réalité préoccupante.







