Les transporteurs souffrent d'une activité fortement impactée par la hausse des prix des carburants, craignant de nombreuses fermetures.
En Charente-Maritime, l’envolée des prix à la pompe épuise les petites entreprises de transport. Luc Bineau, dirigeant d'une PME à Bignay, est au cœur de cette tourmente. En l’espace de quinze jours, le prix du gazole a grimpé de 72 centimes le litre, une hausse bien plus élevée que l’aide gouvernementale prévue d’environ 20 centimes en avril. Pour recharger ses quatorze camions, il doit désormais faire face à un surcoût de près de 30.000 euros.
Soumis à une pression financière insoutenable, Luc confie : « Je n’ai pas les finances pour la remplir. Il me faudrait 5.000 litres pour finir la semaine. C’est intenable. » Sur ses quatorze chauffeurs, trois resteront au repos cette semaine. Luc souligne : « On roule à perte en ce moment. Nous privilégions les petites livraisons et demandons à nos salariés de prendre des congés. » Les clients agriculteurs, inquiets de la hausse des coûts des engrais, anticipent un désastre à venir, comme le prédit Luc en parlant de « sacré bordel ».
La trésorerie ne tiendra pas
À Aulnay-de-Saintonge, les dirigeants d’Aulnay Transports ressentent également cette inquiétude. Matthieu Bernard, à la tête de l’entreprise, déclare : « On pourrait avoir le double de camions, mais le développement est freiné. » Selon lui, les grandes surfaces commencent à craindre les pénuries de camions et sont prêtes à indexer les prix. Cependant, il prédit une « augmentation des prix en rayon », d'autant plus que la trésorerie des entreprises de transport est dans un état « catastrophique » et beaucoup d'entre elles risquent de devoir fermer leurs portes, surtout suite à une augmentation des vols de carburant dans les réservoirs.
Pour en savoir plus sur les répercussions économiques de ces hausses de prix, consultez les articles récents des médias tels que La Nouvelle République. Les experts s'accordent à dire que des mesures urgentes sont nécessaires pour stabiliser la situation et éviter une crise encore plus profonde dans le secteur du transport.







