Lundi, Donald Trump a déclaré que le cessez-le-feu était "sous assistance respiratoire", fustigeant la réponse de Téhéran à l'initiative américaine pour mettre fin à la guerre, avec l'Iran affirmant qu'il riposterait à toute agression.
Malgré un mois de trêve, le dialogue entre Washington et Téhéran stagne. Les deux parties échangent des propositions via un médiateur pakistanais, sans parvenir à un accord tangible.
Trump a qualifié de "déchets" la dernière réponse iranienne durant un point presse à la Maison Blanche. "Le cessez-le-feu est sous assistance respiratoire massive, comme quand le médecin dit : +Monsieur, votre être cher a exactement 1% de chances de vivre", a-t-il expliqué.
En réaction, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a indiqué sur X que l'Iran était prêt à "riposter" en cas d'agression.
Selon des sources de Fox News, Trump envisage de relancer son opération de protection des navires dans le détroit d'Ormuz, zone stratégique verrouillée par l'Iran suite à l'offensive israélo-américaine de fin février. Initialement mise en pause le 5 mai, cette opération était jugée nécessaire après des progrès apparents vers un accord, qui n'ont toutefois pas abouti.
De son côté, le Wall Street Journal a révélé que les Émirats Arabes Unis auraient mené des opérations militaires contre l'Iran en avril, visant des installations pétrolières sur l'île de Lavan. Cette implication, bien que non confirmée par Abu Dhabi, pourrait marquer un tournant dans le conflit régional, où jusqu'à présent, aucun pays arabe du Golfe n'avait ouvertement pris part aux hostilités, les États-Unis et Israël étant les seuls à revendiquer cette participation.
Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, a affirmé que l'Iran exigeait simplement "ses droits légitimes", incluant la fin des hostilités dans la région, la levée du blocus américain sur ses ports et la libération de ses avoirs gelés. D'après le Wall Street Journal, Téhéran propose aussi une réouverture progressive du détroit d'Ormuz en échange d'une levée du blocus.
Concernant le programme nucléaire, l'Iran a évoqué des négociations dans les 30 jours, suggérant de "diluer" une partie de son uranium hautement enrichi, tout en refusant un démantèlement complet de ses installations.
Les craintes d'un blocus prolongé sur le détroit d'Ormuz, crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, ont entraîné une hausse des prix du pétrole. Le baril de Brent s'élevait à 104,21 dollars, en hausse de 2,88% à la clôture de lundi.
Amin Nasser, directeur d'Aramco, a qualifié cette guerre de "plus grand choc énergétique" jamais observé. Il a indiqué qu’il faudrait des mois pour équilibrer le marché, et même si le détroit rouvrait immédiatement, un retour à la normale pourrait ne pas se faire avant 2027.
Le blocage du détroit pourrait déboucher sur une "crise humanitaire majeure" dans les semaines à venir, selon Jorge Moreira da Silva, responsable d'un groupe de travail de l'ONU, soulignant l'importance des engrais transportés via cette voie.
Le Soufan Center, un think tank américain, note que "Téhéran ne montre aucun signe de capitulation" et estime que la hausse des prix et les pénuries pourraient forcer Trump à conclure la paix sans obtenir toutes les concessions souhaitées.
Dans le cadre du conflit au Liban, où une trêve est théoriquement en place depuis le 17 avril, les frappes se poursuivent entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. De nouvelles discussions pour amorcer des négociations de paix doivent avoir lieu cette semaine à Washington.







