Une secousse retentissante fait trembler le gouvernement britannique : deux secrétaires d'État ont annoncé leur démission en l'espace de quelques heures, exposant ainsi une fracture profonde au sein du cabinet du Premier ministre Keir Starmer.
La première à agir est Miatta Fahnbulleh, secrétaire d'État au logement, qui a décidé de quitter son poste avant même le Conseil des ministres, suivi rapidement par Jess Phillips, en charge de la lutte contre les violences faites aux femmes. « Je ne peux plus continuer sous la direction actuelle », a-t-elle déclaré dans une lettre partagée avec Sky News.
Ces démissions accentuent une défiance déjà palpable envers Starmer. En effet, près de 80 députés du Labour réclament la fin de son mandat à Downing Street, incluant des figures influentes comme la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood.
Résultats électoraux désastreux
La popularité de Starmer, âgé de 63 ans, s’effondre depuis son accession au pouvoir après la victoire écrasante du Labour en 2024, mettant un terme à 14 ans de règne conservateur. Ses adversaires citent ses faux pas répétés et les polémiques, notamment le choix contesté de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington.
Le mécontentement s’est intensifié après de catastrophiques élections locales, où le Labour a perdu des bastions face au parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage et aux Verts, qui lui ont grignoté des voix à Londres.
Le soutien au Premier ministre s’organise
Malgré cette turbulence, Keir Starmer insiste sur sa volonté de rester au pouvoir. « Le Parti travailliste a des mécanismes en place pour contester la direction, mais cela ne s’est pas encore produit », a-t-il déclaré à ses ministres. Il a rappelé que pour ouvrier une procédure, un candidat doit obtenir l’appui de 81 députés, soit 20% du groupe parlementaire.
Cependant, Starmer bénéficie du soutien de plus de 100 députés travaillistes qui lui ont adressé une lettre de solidarité, soulignant que les défis électoraux récents nécessitent une réflexion sérieuse plutôt qu'une contestation interne : « Ce n'est pas le moment de remettre en question la direction du parti », affirment-ils dans leur missive.
Des figures clés comme le vice-Premier ministre David Lammy et le ministre du Commerce, Jonathan Reynolds, défenseurs de Starmer, mettent l'accent sur la nécessité de maintenir l'unité et d'éviter les erreurs du passé, éloignant le Labour d'un schéma similaire à celui de 2022, où trois Premiers ministres conservateurs se sont succédé en quelques mois.







