À un an de la présidentielle, le nom de Vincent Bolloré enflamme le débat public, dans l'édition avec Grasset, le cinéma avec Canal+ et les médias avec CNews, soulevant ainsi de nombreuses interrogations sur ses véritables intentions pour 2027.
Vincent Bolloré, financier influent et fervent catholique, fait face à des accusations de la gauche, l'accusant de soutenir des idées d'extrême droite à l'approche de la présidentielle. En 2024, il se défendait ainsi : « Tout ça, c’est des tartes à la crème. Je n’ai aucun projet idéologique », a-t-il déclaré lors d'une audition à l'Assemblée nationale. Pourtant, il a créé l’Institut de l’Espérance, un cercle de réflexion dont le manifeste, prévu prochainement, vise à « ramener du bon sens et de la prospérité pour la France et les Français », a-t-il affirmé devant une commission parlementaire sur l’audiovisuel public.
La quinzième fortune du pays
Au sein de ses divers groupes, Bolloré est omniprésent dans les secteurs de la télévision (groupe Canal+), de la radio (Europe 1), de la presse (JDD et groupes de presse Prisma) et de l'édition (Hachette). Son empire suscite des tensions : en avril, une série d'écrivains ont quitté l'éditeur Grasset, qu'ils accusent de subir l'influence de Bolloré après le limogeage de son PDG, Olivier Nora. En réponse, il a qualifié ces écrivains de « petite caste » et a réfuté les critiques sur son « idéologie », affirmant être « chrétien démocrate ».
Avec l'ouverture du Festival de Cannes, un collectif de professionnels dénonce l’emprise d’un « patron d’extrême droite » sur l'industrie cinématographique française, et Canal+ menace de ne plus collaborer avec leurs signataires. Les médias comme CNews et Europe 1, sous son contrôle, sont accusés de véhiculer des idées extrémistes. « CNews est un succès parce que CNews raconte la vérité », répondait Bolloré en 2024 devant les députés.
Un homme d’affaires aux origines solides
Classé quinzième fortune de France par Challenges, il continue d'orchestrer son empire familial. Ses fils, Cyrille et Yannick, dirigent respectivement Bolloré et Havas. L'aventure a commencé avec la manufacture de papier d’Odet, fondée en 1822, que son ancêtre avait reprise. En 1981, il a sauvé l’entreprise familiale avec son frère, à un moment critique.
Il s’est progressivement diversifié, passant du papier à cigarettes au film plastique, puis aux condensateurs. Bolloré Technologies a été introduit en Bourse en 1985, le propulsant sur le devant de la scène aux côtés de personnalités politiques de droite comme François Léotard et Alain Madelin. Une réputation de « prédateur » a émergé, décrivant son style comme un « diable qui sort de sa boîte », selon un ancien collaborateur.
Son ascension dans le monde des médias s'est accélérée avec l'acquisition de Direct 8 en 2005, qu'il a la suite cédera à Canal+ contre des parts de Vivendi, dont il prend le contrôle en 2014. Depuis, Canal+ a connu des bouleversements tels que le départ de plusieurs dirigeants, ainsi qu'une grève historique dans sa rédaction.
En 2022, le groupe a cédé ses actifs logistiques en Afrique, mais cette période lui a valu des critiques, notamment pour corruption. En dépit de la tempête, Bolloré se défend et se décrit comme « pas du tout un Attila », ni celui qui « inspire la terreur » auprès de ceux qui ne le connaissent pas.
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