La vague de manifestations en Iran a jusqu'à présent été étouffée par une répression brutale, entraînant des milliers de victimes et d'arrestations. Près de trois semaines après le début de la contestation, les experts et les organisations non gouvernementales évaluent la situation critique du pays.
Le mouvement populaire, qui a débuté le 28 décembre à Téhéran en réponse à la flambée des prix, a gagné en ampleur à partir du 8 janvier, remettant en question l'autorité de la République islamique établie depuis 1979. Le fils de l'ancien Chah, Reza Pahlavi, a affirmé avec détermination à Washington que le régime iranien ne pouvait que tomber, déclarant : "Ce n'est pas une question de +si+, mais de +quand+".
En réaction, les autorités ont coupé l'accès à internet pour tenter de dissimuler l'ampleur de la répression. Cette décision a été qualifiée de tentative d'obscurcir les violences endurées par les manifestants par des groupes de défense des droits humains. Selon un rapport de l'Institut américain pour l'étude de la guerre, cette réponse musclée a probablement momentanément arrêté le mouvement, mais il reste à voir si les forces de sécurité pourront maintenir cette intensité à long terme.
Les chiffres des arrestations continuent d’augmenter, avec près de 3 000 personnes interpellées selon les autorités, qui accusent ces individus de faire partie d’organisations terroristes. Cependant, certaines estimations avancent un nombre de victimes atteignant jusqu'à 20 000, rendant la vérification des informations extrêmement difficile, notamment à cause de la coupure d'internet.
Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l'Iran Human Rights, affirme que ces violences constituent "l'un des crimes les plus graves de notre époque". Les témoignages décrivent des scènes horrifiantes de manifestants abattus alors qu'ils tentaient de fuir, et l'utilisation d'armes de guerre à l'encontre de la population. Lama Fakih, directrice de Human Rights Watch, n'hésite pas à qualifier ces événements de massacres sans précédent dans le pays.
Sur le plan diplomatique, le climat semble se durcir un peu plus. Les États-Unis, sous pression de leurs alliés du Golfe, reculent sur une éventuelle intervention militaire. Cependant, la porte-parole de la Maison Blanche a affirmé que toutes les options demeurent disponibles, et a averti Téhéran que sa répression pourrait entraîner des « conséquences sérieuses ».
Alors que Vladimir Poutine a exprimé son soutien au régime iranien, d'autres pays tels que l'Arabie Saoudite et le Qatar mettent en garde contre les répercussions potentielles de la crise actuelle sur la stabilité de la région. Le poids de l'histoire et des leçons du passé pèse lourdement sur ce contexte tendu.







