Pour la première fois de son histoire, Haïti verra deux sportifs participer aux Jeux olympiques d'hiver. Après son passage aux JO de Pékin en 2022, où il a marqué les esprits, le skieur Richardson Viano sera rejoint par son compatriote Stevenson Savart. Un moment de fierté pour cette nation des Caraïbes, en lutte contre la violence des gangs et une crise économique aigüe.
Une première historique
Richardson Viano, âgé de 23 ans, a fait forte impression lors des JO d'hiver de Pékin en 2022, devenant le premier Haïtien à concourir dans l'épreuve du slalom. Cette année, lors des JO de 2026 à Milan et Cortina d'Ampezzo, il sera en compétition avec Stevenson Savart, qualifié en ski de fond. Leur présence souligne un parcours extraordinaire pour un pays dont la première participation aux JO remonte à 1900 à Paris, mais qui n’avait jamais été représenté aux JO d'hiver avant 2022.
Du port d'Haïti aux pistes d'Europe
Malgré un placement honorable à la 34e place à Pékin, Richardson Viano fait face à de nombreux défis, notamment la crise politique et les menaces des gangs à Port-au-Prince. Dans une TEDxTalk, il a partagé son parcours : "Donner le meilleur de soi, c’est cela qui compte pour moi". Adopté par une famille italienne dans les Hautes-Alpes, il a découvert le ski dans un climat où les températures dépassent rarement les 30 °C. Cette transition a été marquée par des efforts acharnés pour atteindre un niveau compétitif au sein de la Fédération française de ski.
Un tournant clé est survenu en 2018 lorsqu'il a reçu un appel de Jean-Pierre Roy, cocréateur de la Fédération haïtienne de ski, qui l’a invité à représenter son pays natal. "Sans cet appel, j'aurais peut-être abandonné le ski", a révélé Viano à Olympics.com.
Un avenir prometteur
Stevenson Savart, à 25 ans, partage un parcours similaire. Ayant quitté Haïti à l'âge de trois ans pour vivre dans les Vosges, il se consacre également au ski de fond. Après une interruption due à la pandémie de COVID-19, il est revenu à la compétition inspiré par Richardson Viano. Savart a affirmé : "Je suis fier de porter Haïti aux JO. Notre présence est bien plus qu'une simple participation; c'est une manière de redorer l'image de notre nation".
Visibilité et soutien
Les deux athlètes bénéficieront d’un soutien du programme Solidarité olympique pour financer leurs entraînements et déplacements. Le président de la Fédération haïtienne de ski, Jean-Pierre Roy, a des attentes élevées pour ses athlètes : "Richardson vise une place dans le top 30 en ski alpin, Stevenson aspire à entrer dans les 50 meilleurs en ski de fond".
Les tenues des athlètes, conçues par la créatrice italo-haïtienne Stella Jean, se veulent un hommage à Toussaint Louverture. Malgré un incident de censure liée à un symbole politique, les uniformes arboreront le nom de Haïti dans un style vibrant.
Gandy Thomas, ambassadeur d'Haïti en Italie, affirme que "la présence d'Haïti aux JO d'hiver est bien plus qu'une participation. C'est un symbole d'espoir". Les Jeux peuvent ainsi devenir une plateforme pour projeter une image positive d'Haïti, témoignant de la résilience de son peuple face à l'adversité.







