Dans un monde où les canulars philosophiques ont de longue date mis à l'épreuve les écrivains, un nouveau danger émerge : les discours entachés de fausses citations générées par l'intelligence artificielle. Un exemple emblématique de cette problématique est celui de Petra De Sutter, récente rectrice de l'université de Gand en Belgique, ainsi qu'ancienne ministre et sénatrice du parti écologiste Groen.
La polémique est née de deux citations, présentées comme provenant du célèbre scientifique Albert Einstein et du professeur de psychologie Paul Verhaeghe : « Le dogme est l’ennemi du progrès » et « La connaissance décrit et maîtrise la réalité ; la sagesse cherche des réponses à des questions existentielles – elle est liée à la culture et à l’éthique ». En réalité, ces citations sont des hallucinations produites par l'IA, un phénomène où cette technologie avance des informations mensongères avec une assurance déconcertante.
Surpris par la tournure des événements, De Sutter a exprimé des regrets sincères : « Je suis profondément désolée d'avoir succombé à ce piège. Je ne peux malheureusement pas revenir en arrière. Cette expérience m'enseigne une leçon précieuse et remet en question l'utilisation de l'IA », a-t-elle déclaré. Cette affaire a des conséquences notables : en raison de cette méprise, elle n'obtiendra pas le doctorat honorifique de l'université d'Amsterdam, qui lui était destiné en reconnaissance de ses contributions à la science médicale et de son engagement social. Toutefois, sa position à l'université de Gand reste inchangée.
Ce cas illustre la nécessité d'une vigilance accrue lorsqu'il s'agit de citer des figures d'autorité. Comme l'a souligné le vétéran homme politique Georges Clemenceau : « Il faut se méfier des citations que l’on trouve sur internet ». À l'heure où l'information est à portée de clic, la prudence reste de mise, surtout face à l'essor de l'intelligence artificielle.







