Paris (France) – Face à une montée des appels au départ, Jack Lang est convoqué dimanche par le ministère des Affaires étrangères pour clarifier ses liens avec le financier américain et criminel sexuel Jeffrey Epstein, qui a été exposé après la publication de millions de documents judiciaires américains.
Jean-Noël Barrot, ministre, a confirmé cette convocation, soulignant l'importance du sujet depuis Erbil, au Kurdistan irakien. Lang, qui occupe la direction de l'emblématique Institut du monde arabe (IMA) depuis 2013, a récemment tenté de défendre sa position, n’ayant pas encore répondu aux sollicitations de la presse.
La pression pour sa démission s'est intensifiée après que des documents ont révélé à plusieurs reprises son nom en lien avec Epstein. À 86 ans, Lang a cependant exprimé des réserves à quitter son poste, se qualifiant de "naïf" face aux révélations.
Il a insisté sur le fait qu’il ne connaissait pas le passé criminel d'Epstein lorsqu'il a fait sa connaissance il y a quinze ans, via le réalisateur Woody Allen. Le Quai d'Orsay, principal financeur de l'IMA, a souligné l'importance de la gouvernance institutionnelle.
Réactions en chaîne
Les appels à démissionner continuent de se faire entendre dans le paysage politique. Des figures de toutes parts, y compris des membres de son propre parti, exhortent Lang à réfléchir à sa position pour le bien de l'institution. Marine Tondelier, leader des Écologistes, a déclaré que sa démission "devrait sembler évidente".
Pour Ségolène Royal, ancienne ministre et collègue de Lang, sa familiarité avec Epstein nuit à l’image de l'IMA. "Je ne comprends pas qu'il ne soit pas plus indigné d'avoir côtoyé une telle personne", a-t-elle ajouté lors d'une interview sur Franceinfo.
Toutefois, Lang n'est pas sous enquête, et sa présence dans les documents n'implique aucune illégalité. Sa fille, Caroline, s'est récemment retirée d'un syndicat de producteurs après la révélation d'une société offshore liée à Epstein, affirmant qu'elle n'avait pas connaissance de ses activités criminelles.
La complexité du contexte
La situation de Lang est encore plus complexe compte tenu du statut hybride de l'IMA, à la fois fondation de droit privé et institution publique. Élu par le conseil d'administration, Lang a été reconduit à sa tête à plusieurs reprises.
Les dialogues autour de cette affaire sont cruciaux, comme l’indiquent les préoccupations formulées au sein du gouvernement français. La nécessité d’un retrait pour protéger l’institution est au cœur des réflexions actuelles. Alors que la crise se développe, il est clair que la réaction de Lang sera scrutée de près.







