L’écrivaine et militante indienne Arundhati Roy a annoncé le 13 février qu'elle ne se rendrait pas à la Berlinale, après que les membres du jury, y compris son président Wim Wenders, aient refusé de commenter l’intervention d’Israël à Gaza, que Roy qualifie de génocide. "Qu’ils sachent que l’histoire les jugera", a-t-elle exprimé avec virulence.
Dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse, Roy a précisé : "Ce qui se passe actuellement à Gaza est un génocide du peuple palestinien perpétré par l’État d’Israël. Si les artistes et les cinéastes de notre époque n’osent prendre position, l’histoire les jugera". La romancière devait assister à la projection d’une version restaurée de In Which Annie Gives it Those Ones (1989), dont elle a élaboré le scénario.
Lors d'une conférence de presse précédant l’ouverture du festival, le jury a été interrogé sur le soutien allemand à Israël, alors que les violences à Gaza sont considérées comme un génocide par une commission de l’ONU.
Une manière de fermer la discussion
Wim Wenders, lauréat de la Palme d’or à Cannes, a répondu qu’il était essentiel de "rester en dehors de la politique", et a décrit les questions sur ce sujet comme "un peu injustes". Ewa Puszczynska, productrice et membre du jury, a ajouté que "chacun peut avoir d’autres préoccupations".
Roy a qualifié les réactions des jurés d’"inadmissibles", mettant en exergue un besoin urgent de dialogues sur les crimes contre l’humanité. "Fermer la discussion sur des sujets aussi cruciaux est sidérant", a-t-elle conclu. Ces controverses soulèvent des questions profondes sur le rôle de l'art face aux enjeux sociaux et politiques contemporains.







