Le roi du Danemark, Frederik X, a commencé mercredi une visite de trois jours au Groenland, avec sa première escale dans la capitale, Nuuk. Accueilli par le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, cet événement est particulièrement chargé de significations diplomatiques.
Cette tournée survient dans un contexte délicat, alors que le Groenland s'est retrouvé au centre de tensions entre Washington et Copenhague. L’ancien président américain, Donald Trump, avait exprimé son intérêt pour l’achat de cette vaste île arctique, une proposition qui avait suscité de vives inquiétudes à l'échelle internationale.
Lors de l'annonce de sa visite à la fin janvier, le roi a déclaré se sentir "profondément solidaire" des Groenlandais face à cette convoitise, qui a provoqué une onde de choc au sein de la population. "À travers les médias, il est évident que les gens étaient très préoccupés... Cela nous touche tous les deux," a-t-il affirmé en mentionnant sa femme, la reine Mary.
Âgé de 57 ans, le roi, dont le rôle est principalement symbolique, se rendra jeudi à Maniitsoq, située à environ 150 km au nord de Nuuk, pour y rencontrer des entrepreneurs locaux. Ce vendredi, il se déplacera à Kangerlussuaq pour visiter un centre d'entraînement arctique des troupes danoises.
En dépit d'un passé colonial complexe, la monarchie danoise jouit depuis longtemps d’une bonne réputation au Groenland. Passionné d'activités de plein air, Frederik X avait même participé à une expédition à ski à travers le Groenland en 2000.
Les États-Unis soulignent régulièrement l’importance stratégique du Groenland pour leur sécurité nationale, accusant le Danemark et, plus largement, l’Europe de ne pas faire assez pour protéger cette zone face aux ambitions croissantes de la Russie et de la Chine.
Bien que Trump ait abandonné ses menaces d'achat, un accord-cadre a été signé avec l'OTAN pour renforcer l’influence américaine, ouvrant la voie à des discussions entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis. En mars 2025, le vice-président américain a critiqué l’inaction du Danemark à cet égard, entraînant une réaction de Frederik X qui a réaffirmé son attachement au Groenland et à son peuple.
Ces événements récents sont en train de façonner l'une des crises les plus sérieuses de l’histoire de l’Alliance atlantique depuis sa création en 1949.







