Washington (États-Unis) – L'animateur de talk-show, Stephen Colbert, a vivement critiqué CBS, l'accusant de céder aux pressions de l'administration Trump. Cette situation a été mise en lumière après que la chaîne a décidé de ne pas diffuser l'interview de James Talarico, un candidat démocrate au Sénat du Texas, en période préélectorale.
Au cours de l'émission de mardi soir, Colbert a exprimé une profonde surprise quant à la décision de CBS. "Je suis vraiment étonné qu'une entreprise d'une telle envergure ne prenne pas position face à ces intimidateurs", a-t-il déclaré, tout en précisant qu'il ne souhaitait pas créer de tensions avec la chaîne.
Cette situation est exacerbée par les préoccupations croissantes concernant la liberté d'expression à la télévision. En effet, l'administration Trump a, à plusieurs reprises, fait des menaces concernant la suppression des licences de certaines chaînes, ajoutant de la tension à la relation déjà complexe entre les médias et le gouvernement.
Selon Colbert, CBS a retiré l'interview sous la pression de la Commission fédérale des communications (FCC), qui impose des règles strictes sur l'équivalence de temps d'antenne pour les candidats politiques. "C'est la première fois en 21 ans de carrière que cela se produit", a-t-il ajouté. En réaction, CBS a insisté sur le fait qu'elle fournissait simplement des conseils juridiques, indiquant que la diffusion risquait d'enfreindre les directives de la FCC.
L'incident survient à quelques semaines des primaires démocrates au Texas, où Talarico affrontera Jasmine Crockett, actuelle représentante. Talarico a noté que cette controverse suggère une inquiétude de Trump quant à une éventuelle défaite démocrate au Texas, un État traditionnellement républicain.
En guise de protestation, Colbert a ensuite mis en ligne son interview sur YouTube, qui, en quelques heures, a attiré plus de 4,3 millions de vues. Le débat autour de la liberté d'expression et de la censure est au cœur des préoccupations auprès des professionnels des médias et des analistes politiques.
Dernièrement, CBS a également été à l'origine de la décision controversée d'annuler certains segments de l'émission de Colbert, qui se distingue par ses critiques acerbes envers Trump. Colbert, qui quittera son poste en mai, a qualifié un précédent accord entre CBS et Trump concernant une interview pour "60 Minutes" de "probablement l'un des plus gros pots-de-vin" qu'il ait jamais vus.
Trump lui-même a souvent fermé les yeux sur les critiques, qualifiant Colbert de "loque pathétique". D'autres animateurs, tels que Jimmy Kimmel, ont également été la cible de réprimandes pour leurs commentaires sur la politique américaine.
"L'administration Trump semble déterminée à étouffer toute critique à son égard", a commenté Colbert, mettant ainsi en avant une lutte de pouvoir essentielle entre les médias et le gouvernement actuel.
© 2026 AFP







