Washington (États-Unis) – De nouvelles recherches suggèrent que les chats pourraient jouer un rôle clé dans la compréhension et le traitement du cancer, en particulier du cancer du sein. Cette hypothèse a été avancée par une équipe de scientifiques internationaux dans une étude récemment publiée dans la revue Science.
Traditionnellement, les liens entre chiens et humains ont souvent été à l'avant-garde des recherches en oncologie. Louise van der Weyden, chercheuse en oncogénétique à l’institut britannique Wellcome Sanger, affirme qu'« il n’y avait pratiquement aucune étude sur le lien entre les chats et les cancers ».
Les félins étant exposés à des environnements similaires aux nôtres, comme la pollution ou le tabagisme passif, ils développent des maladies comparables, y compris des cancers et le diabète. Ainsi, les chercheurs se sont penchés sur des échantillons de tumeurs provenant de près de 500 chats domestiques de cinq pays, portant sur 13 types de cancers différents.
Même gène
Les analyses ont révélé des mutations génétiques similaires entre les cancers des chats et ceux des humains. Notamment, plus de 50 % des tumeurs mammaires étudiées présentaient une mutation d’un gène nommé FBXW7, déjà identifié dans les cancers humains. Bien que cette mutation soit rare chez les femmes atteintes de cancer du sein, elle est associée à des formes particulièrement agressives de la maladie, un constat qui s'applique également aux félins.
Un potentiel prometteur
Les implications de cette découverte sont significatives. Selon van der Weyden, « pour les femmes porteuses de cette mutation, la recherche pourrait mener à de nouveaux traitements », d'autant plus que les essais cliniques sur les chats seraient plus aisés à réaliser, vu la fréquence de la mutation chez eux.
Des chercheurs suisses ayant poursuivi ces travaux ont découvert que certaines chimiothérapies parvenaient à cibler les tumeurs présentant cette mutation, ce qui pourrait offrir un double bénéfice : aux femmes et aux chats, puisque ces traitements sont déjà approuvés pour les deux. Harikrishna Nakshatri, professeur à l'université d'Indiana, a commenté ces résultats comme étant fascinants et prometteurs pour avancer notre compréhension des interactions entre les gènes et l'environnement dans le cancer.
Finalement, Louise van der Weyden insiste sur le fait que l'objectif n'est pas seulement d'améliorer la recherche sur le cancer humain mais aussi de proposer des traitements ciblés pour nos compagnons félins, un véritable échange gagnant-gagnant pour tous.
© 2026 AFP







