Berlin (AFP) – La 76e Berlinale approche de sa conclusion avec une dernière occasion, ce samedi à 18h00 locales, de mettre en avant les 22 films en compétition. Cependant, le festival a été largement influencé par une controverse brossant un débat sur le rôle politique du cinéma.
À l'ouverture de la Berlinale, Wim Wenders, le président du jury, a prononcé : "Nous devons rester en dehors de la politique", une déclaration qui a suscité un vif débat. Pourtant, dans la même allocution, le cinéaste a aussi affirmé que "les films peuvent changer le monde", mais pas sur le plan politique. Cette contradiction n'a pas manqué de jouer dans l'esprit des festivaliers.
Suite à ces déclarations, l'écrivaine indienne Arundhati Roy a annulé sa présence, dénonçant des "déclarations inadmissibles". La polémique s'est encore intensifiée lorsqu'un collectif regroupant plus de 80 noms du cinéma, parmi lesquels Javier Bardem et Tilda Swinton, a interpellé le festival sur son silence concernant le "génocide des Palestiniens".
Films éclipsés
Cette lettre a été émise par Film Workers for Palestine, accusant la Berlinale de censurer les artistes qui critiquent les violences israéliennes à Gaza. En réponse, Tricia Tuttle, la directrice du festival, a contesté ces affirmations, les qualifiant d'injustifiées dans plusieurs interviews.
Mercredi, lors d'une cérémonie parallèle, le réalisateur mexicain Fernando Eimbcke a demandé aux gouvernements de s'exprimer face à la tragédie des enfants tués à Gaza, faisant écho à une mer de tensions pour le festival.
Les 22 films en compétition n'ont pas tous retenu l'attention, mais certains se sont distingués, comme "We Are All Strangers" d'Anthony Chen, un drame touchant sur les inégalités à Singapour. D'autres performances marquantes incluent celle de Sandra Hüller dans "Rose", une œuvre audacieuse sur le passé et l'identité, projetée dans un noir et blanc évocateur.
Répression en Iran
Le festival a également été l'occasion d'aborder la question épineuse de la répression en Iran. La réalisatrice Mahnaz Mohammadi a présenté "Roya", basé sur son expérience personnelle, incarcérée dans la tristement célèbre prison d'Evin. De son côté, Jafar Panahi, dont le film "Un simple accident" a remporté la Palme d'Or, a dénoncé la répression qui a suivi les contestions de janvier, évoquant un "massacre" à travers des témoignages poignants.
Le festival, malgré sa tumultueuse ambiance, a accueilli des discussions essentielles autour d’œuvres cinématographiques et des cris d'alarme sur des réalités douloureuses au niveau mondial, montrant que le cinéma peut encore être un vecteur de changement, même face à l'adversité.
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