Des participants, parfois masqués, ont scandé des slogans politiques lors de la marche en mémoire de Quentin Deranque, qui s'est tenue à Lyon samedi 21 février, mais l'événement s'est déroulé sans aucun incident.
Selon les estimations de la préfecture, environ 3.200 personnes se sont rassemblées à Lyon samedi 21 février 2026 pour honorer Quentin Deranque, un jeune militant nationaliste tragiquement décédé après une agression par des militants antifascistes le 12 février dernier. Cette marche, sous haute surveillance, bien qu'annoncée comme apolitique, a rapidement montré un fort contenu politique.
Avant le départ du cortège, Aliette Espieux, ancienne porte-parole du collectif organisateur, a insisté sur la nécessité de ne pas politiser cet hommage, rappelant que « aucun symbole d'appartenance politique n'était autorisé » et que « toute cagoule était interdite », pour respecter le souhait des parents du défunt et éviter les provocations.
Des slogans clairs : « L'extrême gauche tue »
Néanmoins, peu de temps après le démarrage, un petit groupe s'est isolé, affichant des revendications politiques claires. Alors qu'un premier groupe marchait avec une banderole affichant « Justice pour Quentin », ce second groupe proclamait « L'extrême gauche tue » sur sa propre banderole.
Ce dernier, composé majoritairement de membres d'extrême droite, s'est permis de scander des slogans tels que « LFI complice, antifas assassins » et « On est chez nous ». Le service d'ordre a cherché à contenir les médias, mais la tension était palpable.
À l'arrivée sur le lieu de l'incident, les participants ont déployé une banderole marquée « Adieu camarade » et ont déposé des fleurs, tandis que plusieurs d'entre eux tenaient des torches. Après cet hommage, le groupe s'est dispersé sans heurts.
Une diversité de participants
La marche n'a pas rassemblé uniquement des militants d'ultradroite. Des personnes venues de différentes régions, comme un père de famille de l'Ain qui voulait « rendre hommage à Quentin », étaient présentes. Deux femmes venant de Vaucluse et d'Isère ont exprimé leur déception de n'être « pas des millions », persuadées que « les Français n’ont pas de courage ».
Une ancienne Gilet jaune a même souligné que « Quentin était d'extrême droite, mais pas facho », se questionnant sur la polémique entourant ses idées. Avant la marche, Espieux a critiqué le Rassemblement National, qui avait demandé à ses membres de ne pas participer à l'événement. Elle a déclaré : « Avoir peur de venir ici, c'est indécent ».
Le maire de Lyon, Grégory Doucet, avait tenté de faire interdire cette marche, allant à l'encontre de la décision du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a privilégié la « liberté d’expression » en tenant compte des risques de troubles. Un vaste dispositif de sécurité a été mis en place, et bien que quelques slogans antifascistes aient été entendus, les contre-manifestants ont été repoussés. Une personne a été interpellée pour possession d'armes, provoquant une inquiétude notable parmi les autorités, qui avaient clairement indiqué qu’aucun incident ne serait toléré.







