Le Mexique est en proie à une nouvelle vague de violence suite à l'élimination de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », le chef redouté du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG). Officiellement abattu lors d'une opération militaire, ce décès a non seulement choqué le pays, mais a également ravivé les tensions parmi les groupes criminels, provoquant de sanglants affrontements dans plusieurs États.
Dès dimanche, des membres du CJNG ont intensifié leurs attaques, menaçant la vie de 25 membres des forces de l'ordre, sans oublier d'autres civils innocents. Les autorités ont réagi en déployant des forces militaires dans la région du Jalisco, où de nombreux commerces et écoles ont été contraints de fermer, témoignant d'une tension palpable. Les routes ont été bloquées, et les transports suspendus, laissant la population dans l'angoisse.
Dans un élan d'analyse, la spécialiste du Mexique, Maya Collombon, a déclaré à 20 Minutes que cette explosion de violence était prévisible après la mort d'un leader aussi influent. Les cartels, après un changement de hiérarchie, cherchent à démontrer leur force dans un environnement chaotique.
Qui était El Mencho ?
Né en 1966 dans l'État du Michoacan, « El Mencho » a d'abord été impliqué dans la criminalité en Californie, avant de fonder son propre cartel au début des années 2000, en détachant des hommes du célèbre cartel de Sinaloa. Le CJNG est rapidement devenu une des plus grandes organisations criminelles du pays, dépassant même Sinaloa après la chute d'« El Chapo ».
Le cartel est reconnu non seulement pour sa notoriété, mais également pour ses pratiques brutales, ainsi que pour la diversité de ses opérations, incluant le trafic de fentanyl, la traite d'êtres humains, et l'extorsion. Même le quotidien La Jornada rapportait que le CJNG est le deuxième employeur du pays, renforçant ainsi sa position dans l'économie mexicaine.
Une démonstration de force après El Mencho
La flambée de violence actuelle n'est pas surprenante. À l'instar des réactions observées après d'autres grandes pertes dans le monde du narcotrafic, le CJNG utilise la terreur comme une réponse à la répression des autorités. Cette démonstration de puissance vise également à établir un leadership au sein même du cartel, avec divers groupes se battant pour le contrôle.
La présidente Claudia Sheinbaum, qui a succédé à un gouvernement sous forte pression de la part des États-Unis pour lutter contre le trafic de drogue, doit naviguer dans un paysage complexe marqué par l'effondrement des têtes de la mafia. Son adresse du problème, même avec l'aide des États-Unis, semble être un signal fort de sa détermination, même si cela a conduit à une escalade encore plus grande de la violence.
Cette situation appelle à une réflexion sur l'efficacité des stratégies actuelles de lutte contre le narcotrafic. Les conséquences de la mort d'El Mencho continueront de se faire sentir, et la vigilance est plus que jamais de mise pour éviter que le pays ne sombrent davantage dans le chaos.







