Mercredi dernier, une opération initiée par un groupe armé sur une embarcation américaine a conduit à une tragédie en mer, faisant quatre morts parmi les occupants. Cet événement ne fait que mettre en lumière les tensions historiques qui perdurent entre Cuba et les États-Unis, héritées de la Guerre froide.
La scène, qui a eu lieu dans les eaux cubaines, soulève de nombreuses questions. Comment un groupe d'individus pouvait-il penser qu'il serait en mesure d'inverser le régime cubain avec une telle audace? Les représentants cubains ont réagi en qualifiant cette action de "tentative d’infiltration à des fins terroristes".
Une histoire d'interventions militaires amateurs
Marco Rubio, le sénateur américain et voix influente de la communauté cubaine en exil, a réagi de manière prudente en annonçant l'ouverture d'une enquête. Il a fait savoir que les autorités américaines recueilleraient des informations avant de tirer des conclusions. "Il semble probable qu'il s'agisse d'un groupe de militants anti-castristes qui agissent de leur propre chef", précise Stephen Wilkinson, expert en relations internationales à l'université de Buckingham.
Comme l'explique Pablo Uchoa, un spécialiste en sécurité en Amérique latine, cet incident illustre que les deux gouvernements sont d'accord sur le caractère "inhabituel" de l'événement, suggérant une possibilité de coopération pour faire la lumière sur la situation. Cette attitude pourrait être interprétée comme une volonté d'éloigner les deux nations d'une confrontation directe.
Amalendu Misra, cherchant à inscrire cet acte dans un contexte historique, rappelle que des opérations similaires, impliquant des mercenaires et des exilés cubains de Floride, datent des années 1960. Ce souvenir remonte à l’Opération Mongoose, une initiative de la CIA lancée après l'échec du débarquement de la Baie des Cochons qui visait à aider les exilés cubains à renverser Fidel Castro.
Un passé marquant
Historiquement, la communauté cubaine en exil a toujours eu une frange radicale prête à prendre les armes contre le régime de l'île. Des exemples notables incluent l'interception, dans les années 1990, d'un bateau de pêche chargé d'opposants armés et d'explosifs. Récemment, les autorités cubaines avaient également signalé des tensions, y compris des échanges de tir avec des embarcations venant de Floride, mais ces incidents visaient principalement à aider des Cubains à fuir le pays.
Les experts estiment que le retour potentiel de Donald Trump à la présidence pourrait intensifier ce genre d'opérations, relayant l'incident de mercredi comme un exemple précurseur. "Il pourrait s'agir d'une mission d'évaluation pour tester la réponse cubaine à de telles incursions", suggère Misra.
Des répercussions à anticiper
Les membres de la communauté cubaine en exil, voyant une administration américaine qui semble leur être favorable, y compris une figure de proue comme Rubio, pourraient agir sans une approbation explicite de la CIA. Un scénario que Misra considère comme hautement plausible, étant donné la surveillance accrue dans les Caraïbes.
Les tensions pourraient aussi être liées à un désaccord croissant avec la politique énergétique américaine envers Cuba. Alors que le Venezuela commence à fournir du pétrole à l'île en pleine crise énergétique, certains exilés pourraient chercher à provoquer une réaction de la part des autorités cubaines, créant ainsi une confrontation qui attirerait l'attention des médias américains.
En définitive, cette incursion armée met en lumière non seulement les tensions persistantes entre Cuba et les États-Unis, mais elle soulève également des préoccupations quant à la stabilité future de la région. Les répercussions de ce type d'opération peuvent être vastes, tant pour Cuba que pour les États-Unis, et il est essentiel de surveiller les actions futures des groupes d'exilés et des gouvernements concernés.







