caméras connectées : nouvelles armes du renseignement

des caméras de surveillance aux enjeux bien plus sérieux qu'il n'y paraît.
caméras connectées : nouvelles armes du renseignement
Dans le cadre d'une cyberguerre de plus en plus complexe, on observe que les caméras de surveillance installées dans les villes sont désormais détournées pour espionner tant les civils que des cibles militaires. De Téhéran à Kiev, ces dispositifs facilement accessibles sont utilisés à des fins militaires sans que leurs propriétaires ne s'en rendent compte.

À l'heure des technologies avancées, telles que les drones et les satellites, il apparaît que les autorités de renseignement se tournent vers un outil bien plus banal mais tout aussi efficace : les caméras de surveillance connectées, omniprésentes dans les villes et parfois même sur les façades des maisons.

Souvent vulnérables et connectées à internet, ces caméras représentent une source d'informations inattendue pour les forces armées. Chaque caméra, qu'elle soit orientée vers une rue, un carrefour ou une infrastructure stratégique, peut se transformer en poste d'observation si elle est piratée.

Une récente étude de la société de cybersécurité Check Point, relayée par Wired, a révélé des centaines de tentatives de piratages ciblant ces caméras au Moyen-Orient. Ces intrusions semblent coïncider avec de récentes frappes de missiles iraniennes sur Israël, le Qatar et Chypre.

Check Point souligne que ces attaques, survenues entre le 28 février et le 1er mars, ont été corollaires à des frappes menées par les États-Unis et Israël contre des cibles en Iran. Les pays touchés incluent Bahreïn, Chypre, le Koweït, le Liban, le Qatar, les Émirats arabes unis, ainsi qu'Israël. Certaines attaques avaient également été observées à la mi-janvier, lors de manifestations en Iran.

Divers groupes de hackers, souvent liés aux services de renseignement iraniens, ont tenté d'exploiter des vulnérabilités dans des caméras fabriquées par des entreprises chinoises telles que Hikvision et Dahua. Ces failles, identifiées depuis plusieurs années et généralement corrigées par les fabricants, demeurent exploitables sur de nombreux appareils, car les mises à jour ne sont pas systématiquement appliquées.

Sergey Shykevich, responsable du renseignement sur les menaces chez Check Point, affirme que "le piratage de caméras fait désormais partie intégrante des opérations militaires", car il permet d'obtenir une visibilité directe et souvent d'une qualité supérieure à celle des satellites. Cela représente un coût très faible pour les attaquants, qui trouvent dans cette méthode un excellent rapport qualité-prix.

D’autres exemples abondent, comme l'armée israélienne qui aurait eu accès à de nombreuses caméras de circulation à Téhéran, lui permettant d'observer les mouvements de l'entourage du guide suprême iranien. En Ukraine, les forces russes ont également été signalées comme utilisant des caméras pour observer les infrastructures autour de Kiev.

Les autorités ukrainiennes, conscientes de cette menace, ont désactivé environ 10 000 caméras connectées susceptibles d'être piratées par la Russie, tandis que des hackers ukrainiens ont réussi à détourner des caméras adverses pour suivre les mouvements militaires.

Cette évolution dans les moyens de surveillance militaire soulève des questions importantes sur la responsabilité en cas de dégâts causés par des opérations militaires qui utilisent ces caméras. Qui est responsable lorsque la technologie se retourne contre ses utilisateurs innocents ?

Dans un monde où les objets connectés sont omniprésents, il est probable que cette pratique se généralise et transforme notre perception même de la surveillance en période de guerre.

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