Une offensive judiciaire expose les liens entre la musique rap et les organisations criminelles.
Le coup de filet connu sous le nom de « Octopus » a permis de mettre en examen 26 individus, dont deux rappeurs marseillais, Dika et KITKVT. Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a indiqué que Dika, connu pour ses collaborations avec des artistes comme Jul et Naps, est placé sous contrôle judiciaire, tandis que KITKVT se retrouve en détention provisoire.
Les enquêteurs croient que le label de Dika, Youleuh Records, serait utilisé par la DZ Mafia pour blanchir des revenus issus du trafic de drogues, témoignant ainsi d'une forte interrelation entre le milieu du rap et la criminalité organisée. Cette opération choc met en lumière une tendance inquiétante de l'influence des structures criminelles dans la sphère musicale.
Le rap comme vecteur de blanchiment
Des experts tels que Paul Deutschmann, Simon Piel et Joan Tilouine, coauteurs du livre L’Empire, au cœur du rap français, soulignent que ces arrestations illustrent la « porosité » entre la musique urbaine et les organisations criminelles. Ils rappellent des antécédents marquants à Marseille, où certains artistes ont déjà connu des relations délicates avec le milieu du grand banditisme.
Un exemple troublant est celui de Jul, qui, confronté à des menaces, a dû fuir Marseille et se cacher en Corse après avoir cédé les droits de ses premiers albums à des narcotrafiquants. Ce phénomène récurrent de manipulation au sein du rap a également touché le rappeur SCH, dont un proche a été tué pendant une tentative de racket liée à la DZ Mafia.
Par ailleurs, d'autres rappeurs, comme Koba LaD, ont même été mêlés à des affaires criminelles significatives. En mars 2025, il a été mis en examen pour des accusations liées à l'évasion d'un narcotrafiquant, un événement tragique qui a coûté la vie à des agents pénitentiaires.
La situation est suffisamment préoccupante pour que le ministère de l'Intérieur ait commandé une étude sur les liens entre le rap et la criminalité organisée. Une note du service de renseignements, datée du 18 février, met en garde sur les flux financiers du rap, souvent utilisés comme couverture pour le blanchiment d'argent par les réseaux criminels.







