Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, l'Iran a sollicité l'Allemagne pour obtenir des éclaircissements sur le rôle de la base américaine de Ramstein, la plus vaste d'Europe, située sur son territoire. L'ambassadeur iranien à Berlin, Majid Nili, a exprimé ces inquiétudes lors d'un entretien avec l'AFP.
Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a assuré qu'il n'y avait pas de raison douter de la légalité de l'utilisation de Ramstein par les États-Unis dans leur offensive contre l'Iran en collaboration avec Israël. Cependant, des membres du parti social-démocrate de Pistorius ont exprimé des réserves concernant l'utilisation sans limites de cette base, régie par les accords de Paris de 1954 et les accords de l'OTAN.
Nili a déclaré que son gouvernement avait officiellement demandé au ministère des Affaires étrangères allemand de clarifier la situation, soulignant que le rôle exact de Ramstein dans ce conflit n'était pas encore défini pour Téhéran. Il a également évoqué la possibilité que cette utilisation puisse enfreindre la résolution 3314 des Nations Unies, qui déclare comme une "agression" l'action d'un État qui permet l'usage de son territoire pour attaquer un autre pays.
"Nous sommes dans l'incertitude quant à savoir si Ramstein entre dans ce cadre", a confié l'ambassadeur, indiquant qu'il n'avait pas encore reçu de réponse officielle de la part des autorités allemandes.
La base militaire de Ramstein, située près de la frontière française, est stratégiquement importante. En 2025, la justice allemande avait déjà exonéré le gouvernement allemand dans une affaire liée à une frappe américaine qui avait coûté la vie à des Yéménites, démontrant ainsi la complexité des questions de responsabilité.
Depuis les attaques d'Israël et des États-Unis sur ses installations fin février, l'Iran a intensifié ses frappes contre des cibles proches de ses frontières, notamment des alliés américains. Nili a déclaré : "Si quelqu'un souhaite détourner l'usage des bases américaines, nous n'avons d'autre choix que de nous défendre." Il a appelé Berlin, traditionnellement allié d'Israël et des États-Unis, à exhorter les États agresseurs à cesser leurs actions.
Il a averti que l'escalade du conflit aurait des répercussions dévastatrices pour l'Europe, notamment en termes de conséquences économiques, de crise des réfugiés et de terrorisme. L'Iran appelle à un "cessez-le-feu durable" ainsi qu'à des réparations pour les infrastructures civiles détruites durant cette guerre.
Un autre sujet de préoccupation est le détroit d'Ormuz, par lequel transitent en temps normal un cinquième de la production mondiale de pétrole et du gaz naturel liquéfié. L'ambassadeur a affirmé qu'il restait ouvert aux pays qui n'étaient pas impliqués comme agresseurs, tout en insistant sur la nécessité d'un dialogue avec le gouvernement iranien.
Cette situation a déjà provoqué une flambée des prix des hydrocarbures, engendrant un impact économique global significatif, soulignant ainsi l'importance des actions diplomatiques dans le cadre de cette crise.







