Dès ce samedi, les jeunes utilisateurs de plateformes comme TikTok, Facebook, et YouTube verront leurs comptes désactivés en Indonésie. Une mesure qui vise à protéger 70 millions d'enfants dans l'archipel.
Bradley, âgé de 11 ans et passionné de TikTok, fait partie de ceux qui se demandent comment occuper leur temps libre. Il explique, dans un entretien avec l'AFP, qu'après l'entrée en vigueur de l'interdiction, il devra peut-être « demander à mes parents de m'aider à y accéder ». Comme de nombreux jeunes, il utilise son téléphone plusieurs heures par jour.
Le gouvernement indonésien, avec cette nouvelle réglementation qui débute le 28 mars, espère limiter l'exposition des enfants à des contenus inappropriés. Cette initiative fait suite à une tendance observée dans plusieurs pays, notamment en Australie, où des restrictions similaires ont été mises en place en raison de la montée des préoccupations concernant la santé mentale des jeunes liée aux réseaux sociaux.
Une mesure qui englobe 70 millions d'enfants
En Indonésie, où environ 284 millions d'habitants vivent, l'interdiction touchera tous les utilisateurs de moins de 16 ans sur des plateformes jugées à « haut risque ». La ministre des Communications, Meutya Hafid, a déclaré : « Nous prenons cette mesure pour reprendre le contrôle de l’avenir de nos enfants ». Paradoxalement, certains adolescents, comme Maximillian, 15 ans, se réjouissent de cette loi, la considérant comme un moyen de mieux se concentrer sur leurs études.
Cependant, des experts plaident pour des mesures additionnelles. L'Association des enseignants indonésiens (P2G) appelle à réguler l'utilisation des téléphones en classe, soulignant que leur usage est perturbant pour la concentration, comme l'a fait remarquer Randi Putra Chaniago, enseignant en informatique. Selon lui, « ces contenus bizarres perturbent la pensée des enfants », et la nouvelle loi incitera les enseignants à adapter leurs méthodes scolaires.
Une nécessité face à l'addiction en ligne
Alors que l'utilisation excessive des réseaux sociaux peut avoir de graves conséquences sur la santé mentale, comme l'indique une étude récente, les mécanismes de contrôle de cette interdiction n'ont pas été clairement définis par le gouvernement. Les plateformes elles-mêmes devront s'assurer de respecter cette règle, sinon elles s'exposeront à des sanctions financières et à des suspensions.
Les préoccupations autour de l'impact des réseaux sociaux sur la jeunesse ne sont pas exclusives à l'Indonésie. Aux États-Unis, un jury a récemment conclu qu'Instagram et YouTube avaient contribué à l'addiction de jeunes utilisateurs, ordonnant une indemnisation significative. En réponse, Google a indiqué qu'ils mettaient en place des outils parentaux pour surveiller l'utilisation des plateformes.
Dans ce contexte, Karina Adistiana, psychologue spécialisée dans l'éducation, met en garde contre le risque d'une dépendance aux réseaux sociaux, affirmant que « ces plateformes deviennent le monde principal des enfants, ce qui peut mener à des problèmes tels que la dépression et une difficulté à se concentrer ». L'avenir des jeunes en ligne pose désormais la question cruciale de la régulation et du soutien parental dans cette nouvelle ère numérique.







