Depuis Monaco, cette principauté renommée pour son luxe, le pape Léon XIV a dénoncé, lors d'une messe solennelle, l'existence de "profonds abîmes entre pauvres et riches". Ce discours résonne dans un monde de plus en plus inégalitaire, une problématique que l'Église catholique n'hésite plus à aborder.
Cette visite, la première d'un pape en près de 500 ans dans ce micro-État de moins de 2 km2 et 39 000 habitants, n’a pas attiré autant de foules que prévu. Cependant, elle a permis d’éclairer une réalité multiforme au sein de la communauté monégasque, allant au-delà des stéréotypes habituels.
Sur la place du palais et lors de son parcours en papamobile, les Monégasques, bien que peu nombreux, ont exprimé leur enthousiasme en agitant des drapeaux aux couleurs du Vatican et de Monaco. Léon XIV, arrivé de Rome par hélicoptère pour éviter les complications d'un atterrissage en France, a été chaleureusement reçu par le prince Albert II et la princesse Charlène sous un soleil éclatant.
S'adressant à plus de 5000 personnes, le pape a pris le temps d'évoquer les réalités économiques de ce territoire, étroitement associé à des activités de jeu, de richesse exorbitante et d'immobilier inaccessible. Il a incisément souligné : "Les configurations injustes du pouvoir créent des abîmes entre privilégiés et délaissés".
Il a insisté sur la nécessité de redistribuer les ressources et les opportunités, affirmant que chaque bien a une destination universelle qui doit être honorée. Son parcours de missionnaire, passé dans les régions défavorisées du Pérou, renforce son engagement pour la justice sociale, en écho aux principes établis par Léon XIII.
Le pape a directement sollicité les Monégasques, rappelant que vivre dans un cadre aussi privilégié entraîne une responsabilité particulière : "Cela devrait nous amener à réfléchir sur notre place dans le monde".
Pour sa part, le prince Albert II a reconnu l'importance de la solidarité, s'engageant à utiliser sa position et ses ressources pour la protection de l’environnement.
Dans les rues de Monte-Carlo, le contraste était frappant entre les lieux prestigieux et les nombreuses constructions en cours. Malgré cela, l'accueil chaleureux des 1500 jeunes à l'église Sainte-Dévote a apporté une touche d’enthousiasme ; les bateaux dans le port, saluant le pape avec leurs cornes de brume, amplifiaient l'atmosphère.
Lors de la messe, où étaient présents 15 000 fidèles, l'ambiance était empreinte de recueillement, loin des manifestations habituelles de ferveur. Léon XIV a réaffirmé la position de l'Église concernant les questions de bioéthique, appelant à respecter la vie à toutes ses étapes.
Monaco, qui a récemment rejeté la légalisation de l'avortement, reste en accord avec la doctrine catholique sur ces sujets sensibles. Évoquant des enjeux internationaux, le pape a critiqué "l'action insidieuse d'autorités puissantes", soulignant la nécessité de vigilance face à la violence dans le monde.
L'écho de cette visite a été bien reçu par les participants, comme l'a confié Wendy Lauwers, une marchande d'art belge, qui a souligné l'accessibilité du pape et sa capacité à encourager l'humilité chez les privilégiés. "C'était magnifique", a-t-elle déclaré, manifestant son admiration après la célébration.







