L'entreprise américaine Convalt Energy a récemment scellé un accord avec le gouvernement du Lesotho pour ériger une centrale hydroélectrique combinée à un centre de données dédié à l'intelligence artificielle. Ce développement relance les discussions sur l'implantation de cette technologie en Afrique et son impact sur les ressources en eau disponibles.
Prévu à un coût colossal de 6,2 milliards de dollars (environ 5,3 milliards d'euros), le projet de Convalt inclut une centrale hydroélectrique de 1 200 mégawatts. L'annonce officielle est intervenue suite à la signature d'un protocole le 4 juin, comme l'a rapporté le porte-parole du gouvernement du Lesotho. Ce investissement est qualifié de “plus grand engagement d’investissement étranger jamais annoncé” dans l'histoire du royaume, selon des sources telles qu'Afrik.com.
Ce projet est, comme le souligne Bloomberg, “un coup de pouce bienvenu pour l’économie du Lesotho”, qui souffre depuis longtemps des impacts des politiques commerciales américaines, telles que des droits de douane très élevés qui avaient été récemment amendés.
Une fois opérationnelle, la centrale devrait produire bien plus que les besoins locaux, permettant ainsi de réduire la dépendance à l'électricité importée d'Afrique du Sud. Toutefois, l’infrastructure se destine principalement à alimenter un “centre de données d’intelligence artificielle”, géré par Convalt, ce qui soulève des questions sur le bénéfice direct pour la population locale, comme l’a noté Business Insider Africa.
Stress hydrique
Le développement d'infrastructures pour l'IA est devenu une question stratégique de souveraineté numérique. Avec la montée en puissance de cette technologie, tant en Afrique qu'en Europe, les centres de données nécessitent d'importantes quantités d'électricité et d'eau pour leur fonctionnement. Le problème, comme l'indiquent des études récentes, est que cette empreinte hydrique pourrait renforcer les tensions sur des ressources déjà limitées.
Comme le souligne le rapport de l'ONU, l'impact des centres de données pourrait culminer à un niveau égal aux besoins quotidiennes en eau pour 1,3 milliard de personnes en Afrique subsaharienne.
Accord secret
Dans ce contexte, des stratégies similaires se dessinent également en Éthiopie, où le gouvernement a dévoilé sa volonté de transformer son immense barrage de la Renaissance en ressource pour le développement numérique. La création de l'Ethiopian Artificial Intelligence Institute par le Premier ministre Abiy Ahmed illustre cette ambition. Toutefois, selon un commentaire du média local Addis Standard, ce projet pourrait se comparer “à des gratte-ciel construits sur des sables mouvants”.
Les expertises et alertes de médias comme Modern Ghana rappellent que, face aux exigences croissantes en énergie et en eau pour l'IA, les gouvernements africains doivent anticiper et gérer ces ressources. La question de l'approvisionnement en eau pour ces centres de données doit être abordée d'urgence en un continent où l'accès à l'eau est déjà une problématique majeure.







