Alors que la question de la semaine de 4 jours et demi est sur toutes les lèvres, la concertation menée par le maire Emmanuel Grégoire arrive à son terme. Dans un contexte délicat marqué par des récentes violences sexuelles dans le périscolaire, ces discussions soulèvent de nombreuses interrogations.
Engagée dès le mois de mai dernier, la "convention citoyenne pour la protection et les temps de l'enfant" a réuni 80 parents d'élèves tirés au sort, dans le but de déposer un avis éclairé. Emmanuel Grégoire promettait une "liberté totale" aux participants, à l’image de la concertation initiée par Emmanuel Macron en 2025.
Cette initiative vise à établir un cadre où les enfants peuvent s'épanouir en toute sécurité. Après un mois d'auditions d'experts et de visites de terrain, les résultats de cette consultation seront révélés mardi soir. "La sécurité des enfants est la condition sine qua non pour envisager la qualité de l'enseignement", a souligné M. Grégoire, qui a récemment dévoilé un plan de 20 millions d'euros pour revigorer le périscolaire, touché par des allégations graves.
Depuis janvier 2026, la ville a mis un terme aux activités de 132 animateurs en raison de suspicions de violences, dont une cinquantaine liées à des comportements sexistes ou sexuels, un signal clair d'une crise systémique, selon le maire.
Paris est l’une des rares grandes métropoles à maintenir un rythme scolaire de 4,5 jours instauré avec la réforme de 2013. Dans les 620 écoles publiques de la capitale, l’enseignement est concentré sur les cinq matinées, tandis que les activités périscolaires se déroulent sur les mardis et vendredis après-midi.
Concernant l'avenir, Emmanuel Grégoire a personnellement exprimé sa volonté de ne pas singulièrement fragmenter les temps périscolaires. De plus, la fédération de parents d'élèves FCPE de Paris soutient la continuité de cette semaine de 4,5 jours, arguant que des études montrent que c'est le modèle le plus bénéfique pour les enfants, bien que la situation actuelle ait besoin d'améliorations.
Pour l'opposition municipale, cependant, le retour à une semaine de 4 jours, comme le pratiquent 90% des communes, pourrait être la solution pour garantir un périscolaire de qualité. La sénatrice LR Agnès Evren a critiqué la gestion de la Ville, soutenant qu'il s'agissait d'une impréparation notoire, qui doit être rectifiée.
Les 14.000 animateurs de la capitale, majoritairement vacataires, attendent des réponses concrètes de cette convention, leur avenir professionnel étant désormais lié aux recommandations à venir. Depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Grégoire, des grèves et manifestations ont eu lieu pour exiger d'importantes augmentations de personnel dans un secteur en crise, où le taux d'encadrement légal pourrait ne plus être respecté.
À cela s’ajoute une ambiance de suspicion dans le secteur, avec des mesures souvent jugées excessives, notamment des suspensions d'agents pour des interactions éducatives quotidiennes jugées ordinaires. "Nous sommes préoccupés par cette atmosphère de méfiance", a déclaré Nicolas Léger du Supap-FSU, le premier syndicat du secteur.







