Dans la vibrante ville de Mindelo, Léonardo, jeune maquilleur de 29 ans, se consacre à la beauté tout en vivant sa vérité. Il exprime sa passion pour la transformation, que ce soit pour lui-même ou pour les autres. "Le maquillage a un pouvoir... et j'aime quand je transforme les personnes, ou quand je me transforme moi-même", avoue-t-il à l'AFP, en plein tournage d'un clip.
En contraste avec des pays tels que le Sénégal, qui renforce ses lois répressives contre l'homosexualité, le Cap-Vert présente un environnement relativement sûr pour la communauté LGBT+. "Je suis conscient de ma chance d'être né ici. Il y a des mentalités fermées, mais cela ne s'compare pas aux violences vécues dans d'autres pays", souligne Lepao.
Légalité et acceptation
La législation capverdienne protège les droits des personnes LGBT+, et ce, depuis longtemps. L'indice Equaldex classe le Cap-Vert comme le pays africain le plus accueillant pour la communauté LGBTQIA+, surpassant même l'Afrique du Sud. Ce climat de tolérance est en partie dû à l'ouverture d'esprit de la population, notamment sur l'île de São Vicente, où Léonardo vit.
Cette diversité culturelle, renforcée par des échanges constants avec la diaspora, a favorisé l'acceptation. "Nous sommes au centre de beaucoup d'influences, ce qui aide à la tolérance", explique Léonardo, sous le regard bienveillant de sa mère Manuela, coiffeuse et soutien indéfectible.
Un parcours semé d'embûches
Malgré sa sécurité actuelle, Léonardo a connu des périodes difficiles, victime de harcèlement durant son enfance. Pourtant, il se souvient avec gratitude du soutien inébranlable de sa mère. "Ma mère m'a toujours soutenu sans poser de questions, et cela m'a permis de m'accepter", raconte-t-il.
La réalité des membres de la communauté LGBT+ n'est pas toujours aussi rose. Sindji Cawinny, 29 ans et transgenre, a quitté son emploi après avoir subit l'intolérance de sa patronne. "Travailler en restant fidèle à soi-même est un défi constant", admet-elle. Elle estime que la société capverdienne est encore loin de l'acceptation totale et souligne l'importance de la sensibilisation.
Un appel à la solidarité régionale
Les récents événements en Afrique soulignent un besoin urgent de protection pour les droits de l'homme. Les membres de la communauté LGBT+ au Cap-Vert expriment leur solidarité avec ceux qui souffrent dans des pays comme le Sénégal, où des lois strictes rendent la vie insupportable. "C'est dur de voir nos frères et sœurs subir de telles violences", dit Walter Pires, un enseignant de 37 ans et défenseur des droits LGBT+.
Il finit par conclure, "Au Cap-Vert, nous vivons presque dans un paradis. Les nouvelles générations sont plus respectueuses, mais il y a encore un long chemin à parcourir pour atteindre une pleine égalité." Un message d'espoir, mais aussi un appel à la vigilance face aux menaces pesant sur les droits humains dans la région.







