Emmanuel Macron a fait son arrivée à Damas lundi soir, marquant ainsi une première pour un chef d'État occidental depuis la chute du régime de Bachar al-Assad. Sa visite, prévue jusqu'à mardi, est considérée comme un acte audacieux dans un contexte délicat pour la Syrie, alors que le pays souffle un vent nouveau avec l'élection de son président Ahmad al-Chareh prévue pour fin 2024.
Durant son séjour, Macron s'exprime sur l'importance d'une Syrie "libre et plurielle", capable de jouer un rôle équilibrant au Moyen-Orient. Ce message, selon l'Elysée, répond à la nécessité d'un dialogue inclusif, respectant toutes les composantes de la société syrienne.
Le président français a été accueilli par le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani. En raison de la situation sécuritaire instable, notamment après un attentat meurtrier dans la capitale, l'Élysée a choisi de garder cette visite secrète jusqu'à son atterrissage.
Cette visite représente également le premier déplacement d'un président français en Syrie depuis Nicolas Sarkozy, contrecarrant les relations diplomatiques rompus au début des années 2010 avec la répression du Printemps arabe. L'agence officielle syrienne, Sana, a qualifié cette visite d'"historique", soulignant son rôle dans le rétablissement de la présence internationale du pays.
Macron avait précédemment rencontré Ahmad al-Chareh, affirmant son soutien à une transition syrienne, malgré les critiques de certains politiciens de droite et d'extrême droite. Cette interaction avait précédé des discussions stratégiques entre la Syrie et les États-Unis, impliquant des questions de sanctions.
Accompagné de chefs d'entreprises comme Rodolphe Saadé (CMA-CGM) et Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Macron évoquera des perspectives de reconstruction. Toutefois, les entreprises françaises demeurent prudentes concernant les investissements en Syrie.
Le président Macron a entrepris ce défi, se rendant non seulement dans des lieux sécurisés, mais cherchant à interagir avec les Syriens de différents horizons. Le programme exact de la visite reste flou pour des raisons de sécurité, mais une "conversation de confiance" avec son homologue syrien devrait avoir lieu dès lundi soir.
Les attentes de la France, selon l'Elysée, sont claires : "La nouvelle Syrie doit accepter la pluralité de ses citoyens". Les récents événements, tels que les dissensions internes et les violences ethniques, soulignent la fragilité de cette pluralité.
Un autre sujet crucial abordé est la lutte contre l'État islamique et la présence persistante de jihadistes sur le sol syrien. La France, ayant été touchée par des attentats dans le passé, demeure vigilante face à cette menace.
Denis Bauchard, ancien ambassadeur et analyste à l’Ifri, note que cette visite pourrait renforcer le nouveau régime syrien, à une période où Israël semble opposé à une Syrie stabilisée. Le président Macron se rendra ensuite à Ankara pour un sommet de l'OTAN, avant de discuter des enjeux syriens avec le président Erdogan.
Paris reste en désaccord avec les ambitions de Donald Trump pour une implication syrienne au Liban. Cependant, le président al-Chareh a assuré qu'il n'avait aucune intention d'intervenir au Liban, une promesse saluée par l'Élysée.







