Mobilisation en France : les droits des femmes au cœur de la lutte

Des milliers de manifestants se mobilisent pour les droits des femmes, témoignant d'un engagement indéfectible.
Mobilisation en France : les droits des femmes au cœur de la lutte
Les membres du collectif féministe Les Rosies, lors d’une marche organisée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, à Paris, le 8 mars 2026. KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Ce 8 mars, des milliers de personnes ont pris part à des manifestations dans plus de 150 villes françaises pour revendiquer les droits des femmes, souvent jugés fragiles par des experts comme Emmanuel Macron qui a déclaré que « jamais définitivement acquis ». « Les droits des femmes sont le résultat de luttes incessantes et doivent être constamment défendus », a affirmé le président sur X.

Des slogans tels que « Stop aux violences », « du travail pour vivre, pas survivre » et « notre corps nous appartient » ont résonné à Paris, Bordeaux, Marseille, et ailleurs, soutenus par de nombreuses organisations syndicales et associations. Le défilé parisien a pris son envol à 14 heures depuis la place de la Bataille-de-Stalingrad, se dirigeant vers la République.

À la tête du cortège, Gisèle Pelicot, survivante des violences sexuelles et figure emblématique de la lutte, a proclamé : « On ne lâchera rien ! », provoquant une salve d’applaudissements et des remerciements de la part des manifestants. Sa fille, Caroline Darian, a exprimé sa fierté de marcher aux côtés de sa mère, soulignant l'importance de leur message pour toutes les victimes de violences.

Le mouvement féministe était également renforcé par la présence de la chanteuse Suzane, dont le titre Je t’accuse aborde les violences faites aux femmes. Sous une banderole portée par Sophie Binet de la CGT et Suzy Rojtman du Collectif National pour les Droits des Femmes, les manifestants ont dénoncé aussi bien les violences de genre que la montée de l’extrême droite, perçue comme un « danger » face aux droits des femmes avant les élections municipales de mars prochain.

Myriam Lebkiri, la représentante de la CGT, a ajouté que le 8 mars est l’occasion de revendiquer « l’émancipation des femmes » et de s’opposer à la misogynie et à l’homophobie. Les récents événements tels que le procès Pelicot et le scandale des agressions dans le périscolaire à Paris viennent rappeler l’urgence de ces luttes.

Les prises de paroles au cours de cette journée ont souligné l’importance de la vigilance. « Les droits des femmes sont menacés à travers le monde, notamment avec la montée des intégrismes », a commenté Aurore Bergé, ministre de l'Égalité femmes-hommes, qui a cité les actions controversées mises en place aux États-Unis sous l'administration Trump.

En France, des difficultés d’accès à l’avortement, dues à un manque de ressources et de structures, inquiètent également les militants. « Nous sommes en alerte », a affirmé Sarah Durocher du Planning familial.

Les revendications vont au-delà de l’égalité des droits et touchent également aux inégalités économiques. Les organisations demandent un budget annuel de trois milliards d’euros pour inclure des mesures complètes de prévention, d’éducation, et de soutien aux victimes.

Les discussions législatives sont en cours, mais l’agenda parlementaire chargé pourrait entraver l’adoption de lois cruciales contre les violences. Ces initiatives sont d’autant plus nécessaires que l’écart salarial entre hommes et femmes demeure significatif, et les chiffres de l’INSEE indiquent encore une baisse de 21,8 % du salaire moyen des femmes dans le secteur privé en 2024.

Avec une participation de 120 000 personnes l’année précédente à Paris, et des chiffres encore plus élevés attendus cette année, le message des défenseurs des droits des femmes reste clair : la lutte continue, et aucune victoire ne doit être prise pour acquise.

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