L'essentiel
- Robert Ménard, maire (divers extrême droite) de Béziers, est en bonne position pour un troisième mandat avec environ 61 % des voix au premier tour, face à un candidat du Rassemblement national.
- Les électeurs à gauche, divisés en deux listes, voient leur chance de victoire se réduire face à l’extrême droite.
- Les habitants justifient leur vote pour Ménard par ses actions locales, comme la rénovation du centre-ville.
De notre envoyé spécial à Béziers,
Depuis 2014, Robert Ménard est à la tête de Béziers. Il s'affiche comme le favori pour un troisième mandat en 2026, se trouvant face à Julien Gabarron, candidat du Rassemblement national. Bien que ce dernier ait un soutien croissant, les sondages prédisent un score très favorable pour Ménard : 61 % au premier tour, cumulant ainsi un total projeté de 71 % des voix pour l'extrême droite dans la ville.
Cette situation fait de Béziers l'une des communes les plus marquées à droite en France, particulièrement dans une région où les grandes villes ont basculé vers la droite ou l'extrême droite. À l’exception de Montpellier, un bastion du PS, la tendance se confirme dans tout le Languedoc-Roussillon. Ménard décrit l'état actuel de la politique locale comme une « gauche presque totalement effacée », en outre il établit un contraste entre les « deux France » : la France des grandes villes et celle des territoires souvent délaissés.
« Appelez-le comme vous voulez, c’est un bon maire »
Les avis des citoyens sont partagés, mais nombreux sont ceux qui mettent en avant l'impact positif de Ménard sur le cadre de vie. Laurent, un habitant au chômage, souligne : « On vote pour ce qu'il accomplit vraiment, pas pour son étiquette politique. La rénovation a fait du bien à Béziers. » D'autres comme Kévin, maçon, estiment que Ménard donne une meilleure image de la ville, loin des clichés sur l'extrême droite.
Une gauche divisée face à l’extrême droite
L'opposition de gauche, quant à elle, est éclatée. Des efforts d'union ont échoué, laissant plusieurs listes s'affronter sans véritable stratégie commune. Thierry Antoine, à la tête d'une coalition de divers partis de gauche, affirme que leur situation est désespérée, surtout face à un candidat aussi populaire que Ménard. Il évoque un populisme distinctif de la région, renforcé par l'héritage médiatique et la présence des traditions locales dans le discours politique.
Les chiffres ne sont pas en faveur de la gauche
Les sondages indiquent un faible soutien pour la gauche, qui ne grimpe pas au-delà de 20 % des voix. Malgré cela, certains espèrent que la division parmi les candidats de droite pourrait au moins laisser une ouverture pour le second tour. Magali Crozier, candidate de LFI, aspire à tirer profit de cette division en se rappelant qu'un soutien solide pourrait changer le cours des élections.
La bataille pour l'identité politique de Béziers
Au fil des discussions, un consensus émerge : la ville semble marquée par l'extrême droite, mais certains, comme Jade, favorable à la gauche, admettent qu'ils sont désormais une minorité dans un paysage politique qui les néglige largement.
La compétition s'annonce intense alors que Robert Ménard doit non seulement défendre son mandat, mais aussi se positionner face aux nouvelles dynamiques politiques qu'amène le candidat du RN. La scène politique à Béziers, en somme, est un véritable reflet des luttes d'identité et de valeurs qui traversent la France contemporaine.







